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Cameroun: à Njombé, la papaye solo à la rescousse

Cameroun: à Njombé, la papaye solo à la rescousse
Josiane Kouagheu
Josiane Kouagheu
  • 13-Apr-2026 10:00:00

« Voix agricoles ». Épisode 9. Depuis plus d’une décennie, François Dossi Wemeni cultive ces fruits prisés dans cette localité aux terres volcaniques. 

 

 

 

François Dossi Wemeni va d’un papayer à un autre. Seau noire à la main gauche, il cueille des fruits à maturité. Les papayes « trop mûres » sont jetées à même le sol. Il ne conserve que celles destinées à la vente.

 

Une fois son récipient rempli, il remonte lentement la petite pente de son champ de 1,5 hectare implanté à Njombé, localité située dans la région du Littoral au Cameroun, et va charger sa récolte dans des sacs. Les fruits sont jaugés du regard. Les plus petits sont mis de côté. 

 

 

Une fois les sacs remplis, ils sont chargés sur des motos et envoyés aux clients ayant passé la commande. François retourne cueillir d’autres fruits. La scène se répète à l’infini.

 

Introduction de notre série « Voix agricoles »

 

Ce vendredi, le jeune homme âgé de 38 ans est aidé par deux employés. Il s’arrête de temps en temps auprès du plus jeune pour alléger sa charge. Le va-et-vient se poursuit. La cueillette au pied des papayers. Le remplissage des sacs. Les motos qui vrombissent. 

 

François Dossi Wemeni récolte des papayes dans son champ à Njombé, localité située dans la région du Littoral au Cameroun. Photo: Josiane Kouagheu / Agripreneurs d’Afrique 

 

 

 

 

 

 

« Nous sommes ici depuis 6 h. On a récolté au moins quinze sacs de 50 kg », souffle l’agriculteur, sourire aux  lèvres. Sa clientèle est majoritairement constituée d'hommes et de femmes qui achètent pour revendre.

 

 

Le prix de gros du sac est donc compris entre 6 000 et 4 000 francs CFA le sac, parfois moins en période de surabondance. François a entamé la récolte en novembre 2025 et pour une période de six mois. 

 

 

500 000 Francs Cfa de bénéfice

 

 

« Cette année, j’ai investi 700 000 Francs CFA et je me retrouve déjà à 600 000 Francs CFA. J’ai encore la production », salive l’agriculteur qui doit s’interrompre pour répondre aux nombreux appels des clients. François s’est investi dans la culture des papayes solo, variété de fruits de petit calibre à la chair orange vif et sucrée très prisée au Cameroun, il y a 16 ans. 

Épisode 1. À Njombé-Penja, une passion économique pour le poivre blanc 

 

 

Il a 22 ans et accompagne son agriculteur de père qui fait des boulots pour le bureau de Njombé de l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad). Le jeune homme qui fait déjà dans la culture des plantains à Loum, une localité voisine, est séduit par la papaye solo qui pousse sur ces terres volcaniques réputées fertiles. Il décide de se lancer et investit toutes ses économies: 200 000 Francs CFA. 

 

 

Son père lui donne 100 000 Francs CFA comme encouragement. François loue l’espace de 1,5 ha à 100 000 Francs CFA (aujourd’hui revu à la hausse à 150 000 Francs CFA) l’année.

 

 

Durel Keudje Titcho, un employé, prépare un sac de papayes destiné à la vente. Photo: Josiane Kouagheu / Agripreneurs d’Afrique 

 

Il investit une partie de son capital dans l’achat des semences (55 000 F.CFA), fait des prêts pour le reste. « Ça m’a pris beaucoup d’engrais, se souvient-il. Ça m’a pris au moins un million. » Au fil des années, l'agriculteur se fait la main. Il apprend de ses échecs et réplique ses réussites. 

 

 

Aujourd’hui, à la fin de chaque récolte, François embauche au moins 500 000 Francs CFA de bénéfice après avoir épongé ses dettes, prélevé ses dépenses initiales, soustrait les charges familiales et autres frais.


Épisode 2. Dans le Moungo, des agriculteurs face aux changements climatiques

 

 

Des gains qui lui ont permis d’acheter un terrain, de construire sa maison, d'élever ses enfants et d’étendre ses activités. L’agriculteur loue un autre champ d’un hectare où il plante entre les papayers, du piment et des tubercules comme le macabo. 

 

 

Des piments entre les papayers

 

 

« J’ai commencé à cultiver le piment il y a quatre mois pour la première fois, confie-t-il le lendemain, les mains occupées à cueillir les piments mûrs. Cela a aussi réussi. C'est la deuxième récolte. »

 

 

François a « copié » cette astuce chez l’un de ses anciens employeurs car des plants de ce condiment ou du macabo ne prennent pas de proportions géantes et ne peuvent donc pas étouffer et retarder la croissance des papayers. Du coup, François occupe les intervalles de 2 à 2,5 mètres entre ses papayers.

 

 

François Dossi Wemeni récolte du piment dans son champ de papayes à Njombé, localité située dans la région du Littoral au Cameroun. Photo: Josiane Kouagheu / Agripreneurs d’Afrique 

 

 


Ce jour-là, il alterne entre récolte de piment et semis de macabo. Il est aidé par deux de ses six employés payés à la journée (2500 Francs CFA en moyenne par personne). «
Derrière lui, tu trouves ton compte parce que si moi je ne trouvais pas de compte, je ne devais pas être attaché à lui », lance Durel Keudje Titcho, l’un des tâcherons.

 

Il a commencé à travailler avec François il y a sept ans. À l’époque, il cherche de quoi s’occuper les weekends après l’école. Il rencontre l’agriculteur par le biais d'un autre manœuvre et depuis, il ne l’a plus quitté. 


Épisode 3. Sauvé de l'exode rural par l'agriculture

 

 

 

Durel a définitivement rejoint l’équipe l’année dernière après avoir arrêté ses études suite à un autre échec au probatoire. Il économise aujourd’hui avec pour ambition de se lancer dans l’élevage du porc. En attendant, il récolte les papayes, sème du macabo et profite des « avantages de service ».

 

« Quand je dis: trouver mon compte, en dehors de la journée, il y a les avantages de service, insiste le jeune homme âgé de 22 ans, passionné de musique qui tourne en boucle dans son téléphone.  Comme on vient de couper (récolte de papayes) présentement, ce qu’on sélectionne et met de côté me revient. »

 

 

Financement

 

 

François l’écoute, souriant. Il continue son travail. Car malgré les bénéfices, les difficultés ne manquent pas. Comme de nombreux jeunes agriculteurs, le trentenaire est limité par le financement.

 

 

Durel Keudje Titcho et Bernard, deux employés, sèment du macabo entre les plants de papayers. Photo: Josiane Kouagheu / Agripreneurs d’Afrique 

 

 

Au début de la rencontre, il a d’ailleurs demandé, dubitatif : « est-ce qu’en répondant à vos questions ça changera quelque chose? Aurais-je des financements? » François est le plus souvent freiné quand il « veut investir », étendre encore plus son activité. 

 

 

Il fait aussi face à des maladies et l’impact climatique. Ces dernières années par exemple, à cause de la sécheresse, il a perdu plusieurs plantes. Ce qui est une dépense imprévue et supplémentaire car l’agriculteur renouvelle (nouveau planting de jeunes plants) ses papayers tous les quatre ans en moyenne.  « On n’a pas de moyens, soupire-t-il. On souffre beaucoup pour payer les ouvriers, acheter les engrais… » 

 

 

François Dossi Wemeni récolte du piment dans son champ de papayes à Njombé, localité située dans la région du Littoral au Cameroun. Photo: Josiane Kouagheu / Agripreneurs d’Afrique 

 

 

Par conséquent, il fait des prêts d’argent auprès de sa banque ou des réunions. « Cette année, comme j’avais des difficultés, j’ai prêté 700 000 francs CFA.» François a aussi développé des astuces.

 

 

Pour la culture du piment par exemple, au lieu d’acheter les semences qui coûtent chères, il a sélectionné les fruits dans les marchés, s’assurant à chaque fois qu’ils étaient de bonne qualité. De retour, il a extrait les graines. Après le séchage, il les a mises dans des pots nourris de fientes, réduisant ainsi les coûts.  

 

 

Elevage de porcs et canards

 

 

 

« Il est en train d’évoluer », assure, admiratif, Bernard, l’un de ceux qui ont « tenu la main » de François à ses débuts. Une fois par semaine, cet homme âgé de 60 ans abandonne ses propres plantations de plantains, bananes, cacao, maïs et autres tubercules et vient aider son poulain.

 

« Je suis avec lui depuis longtemps. Je ne peux pas l’abandonner, martèle Bernard qui sème des macabos entre les papayers. C’est un jeune, c’est encore un enfant et il faut beaucoup l’encourager. Si je ne l’encourage pas, il serait découragé. »

 

 

 

 

François n’a toutefois pas l’intention de s’arrêter. Il rêve d’abandonner la location, d’acheter des terres à lui et d'essayer d’autres cultures en plus de la papaye. Son ambition immédiate est de s’investir dans l’élevage des porcs et des canards. En attendant, il cueille des piments à maturité pour la cliente qui attend à l’autre bout de la localité, au marché.

 

 

Josiane Kouagheu

 

 

Cet article a été réalisé grâce au soutien d’Africa No Filter

 

 

 

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