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« Ça m’a traumatisé » : au Cameroun, des jeunes producteurs de cacao face à la chute des prix

« Ça m’a traumatisé » :  au Cameroun, des jeunes producteurs de cacao face à la chute des prix
Josiane Kouagheu
Josiane Kouagheu
  • 24-Apr-2026 20:00:00

« Voix agricoles ». Épisode 16. Le prix du kilogramme des fèves est passé de plus de 5 000 francs Cfa à 1500 voire moins. Certains producteurs ont abandonné leurs plantations.  D’autres pensent à le faire.

 

 

 

« On ne sait pas pourquoi. » Innocent Djée a beau chercher, il n’arrive pas à trouver une explication à la chute du prix du cacao au Cameroun. Le kilogramme des fèves est passé de plus de 5 000 francs Cfa à 800 voire 600 francs Cfa certains jours à Sombo, village situé dans la région du Centre du Cameroun.

 

« Ça m’a traumatisé », murmure le jeune cacaoculteur âgé de 30 ans, attablé dans un petit bar de cette localité agricole. 

 

 

Lors de la dernière campagne, Innocent Djée a récolté 15 sacs de 100 kg. Il les a vendus pour 7,5 millions de francs Cfa, dit-il. Ce jeune homme qui a abandonné ses études à l’école primaire et s’est lancé dans la cacaoculture, a immédiatement conçu des projets. 

 

 

Introduction de notre série « Voix agricoles »

 



« J’ai commencé à construire une maison en dur, confie l’agriculteur. Quatre chambres, un salon, une cuisine moderne, une douche moderne… Je pensais finir. Mais ça ne donne plus ». 

 

 

« Abandonner »

 

 

 

Car le paysan a également utilisé une partie de sa vente pour acheter des produits afin de traiter sa cacaoyère de quatre hectares. Il a aussi créé une autre plantation de cinq hectares de cacao « à cause de cette hausse », soupire-t-il. Il a finalisé la pépinière et entamé le repiquage. 

 

 

« Je ne sais même pas quoi en faire, se désespère M. Djée. Je ne peux plus continuer le planting parce que les produits déjà, ça coûte cher. Je vais abandonner la pépinière. » Innocent n’est pas le seul cacaoculteur affecté à Sombo. 


 

 

Des fèves de cacao sèchent au soleil à Sombo dans le Centre du Cameroun. Photo: Josiane Kouagheu/ Agripreneurs d’Afrique 

 

 



Au Cameroun, cinquième producteut mondial de cacao, les cultivateurs de cacao sont dans la tourmente depuis la chute drastique du prix du kilogramme de cacao passé de 5000 francs Cfa à 1500 voire moins dans les grands bassins de production logés dans les régions du Centre, du Sud-ouest, du Littoral et du Sud du pays. 

 

 

Lors des campagnes cacaoyères précédentes, 2023-2024 et 2024-2025, les prix ont parfois atteint 6000 francs Cfa dans certaines localités. La campagne 2024-2025 a même vu une production record de cacao, atteignant 309 518 tonnes dans le pays. 

 

 

Épisode 1. À Njombé-Penja, une passion économique pour le poivre blanc

 



« Les prix élevés du marché international ont entraîné une augmentation significative des revenus, avec des prix à la ferme dépassant les 6 300 francs Cfa le kg à certains moments », soulignait l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs de cacao du Cameroun en 2025. 

 

 

Selon des cacaoculteurs rencontrés à Sombo, les prix ont commencé « à baisser progressivement » en octobre 2025, passant de 5 000 à 3 800 francs Cfa pour atteindre 600 francs Cfa en mars 2026. D’après l’Office national du cacao et du café (Oncc), le prix du kilogramme à Douala au 24 avril 2026 était compris entre 1450 et 1525 francs Cfa. 

 

 

 

« Je suis foutu »

 

 

 

La tendance est mondiale. Si certains pays ont mis en place des mesures pour accompagner leurs producteurs plongés dans la tourmente, les agriculteurs camerounais sont livrés à eux-mêmes. Selon certains médias, plusieurs se seraient même suicidés. 

 

 

« Le prix de 5000 francs Cfa le kilogramme, c’était la magie, n’arrive toujours pas à croire Gilbert Gweth Gweth. C’était la première fois au Cameroun. » Cet homme âgé de 50 ans s’est lancé dans la cacaoculture il y a plus de trois décennies, à l’époque où « le kg coûtait 700 francs Cfa. » Il possède 12 hectares de champs de cacao, de banane plantain et d'arbres fruitiers aujourd’hui. 


 

Un champ de cacao à Sombo dans le Centre du Cameroun. Photo: Josiane Kouagheu / Agripreneurs d’Afrique 

 

 

 

« Quand je plantais, je ne savais même pas que je pouvais même vendre le kg à 2000 francs Cfa », s’exclame ce quinquagénaire rencontré dans sa maison à Sombo.

 

Si ce responsable de la Coopérative des producteurs de cacao et de palmiers à huile  du bourg affirme n’avoir pas été « beaucoup affecté » du fait de la diversité de son activité, il reconnaît que de nombreux jeunes qu’il encadre sont durement touchés. 

 

 

En effet, beaucoup s’y sont lancés pour la première fois. Certains ont augmenté leurs surfaces cultivables ou intensifié l’entretien de leurs plantations après l’augmentation du prix. « Je suis foutu », se lamente d’ailleurs Jean Mbondo, barbe de plusieurs jours, bottes aux pieds et cintré dans un ensemble denim usé. 

 


Lorsque le prix du kilogramme a grimpé, ce jeune producteur de 39 ans a acheté plus d’intrants, espérant produire plus et vendre plus. «
Je n’ai pas épargné. J’ai tout investi », regrette le cacaoculteur qui envisage désormais d’abandonner son hectare de cacaoyers. 

 

 

Épisode 3. Sauvé de l’exode rural par l’agriculture

 

 

 

« Ça nous affecte beaucoup. On est découragés, poursuit-il.  Il faut que l’Etat revoit. 750 francs Cfa, c’est fort ! [le prix du kg selon lui ce 8 avril 2026 à Sombo] » 

 

 

Certains producteurs ont stocké leurs récoltes, espérant que les prix grimperont à nouveau. « J’ai espoir que le prix du cacao va encore monter, veut croire Günter Bilong Bikoi, 27 ans, qui s’est lancé dans la cacaoculture en 2023. C’est mon instinct qui me le dit. Je sais que ça va augmenter. » 

 

 

 

 

Dettes

 

 

 

Le jeune fermier qui conserve 400 kilogrammes de fèves actuellement a cependant dû revoir ses ambitions à la baisse. Il envisageait de se lancer dans l'élevage.  « J’ai été un peu malchanceux. C’est à mon tour qu’il y a eu rupture du prix du cacao », soupire celui qui est aussi employé à Renaprov, la micro-finance du coin.

 

 

 

Une pépinière de cacao à Sombo dans le Centre du Cameroun. Photo: Josiane Kouagheu/ Agripreneurs d’Afrique 

 

 

 

Une activité qui lui donne une marge de manœuvre, par rapport aux autres agriculteurs qui ont été obligés de vendre leurs fèves afin de rembourser des dettes ou de survivre. « C’est même ça qui me donne le courage de ne pas vendre parce j’ai des ressources qui me permettent de surmonter », admet Günter Bilong Bikoi, venu faire des prospections dans cette partie du village. 

 

 

Épisode 8. Au Cameroun, la main-d'oeuvre agricole se raréfie

 

 

 

Car la microfinance a « perdu tellement de clients ». « Il y a  des producteurs qui déposaient les 200 000, 300 000 francs Cfa quand ils vendaient. Même un million. Mais de nos jours ils sont en faillite », confie M. Bilong. 

 

 

À l’en croire, sur 100 épargnants, « plus de la moitié sont producteurs de cacao » et depuis la chute du prix du cacao, « il n’ y en a plus aucun » qui se rend  à la microfinance. Certains ont fait des prêts qu’ils peinent à rembourser. Günter a pour ambition de les faire revenir. 

 

 

Palmeraie



 

Innocent Djée a contracté un prêt de 700 000 francs Cfa chez l’un des acheteurs de cacao du village. « Nous sommes nombreux. Je ne sais même pas comment rembourser la dette », dit-il, frustré. Certains de ses collègues, pressés par les créanciers, sont devenus des scieurs, coupant des arbres en forêt afin d’atteindre leur remboursement. 

 

« Beaucoup ont abandonné leurs champs », de cacao, explique Innocent. Pour l’instant, le jeune trentenaire observe. « Si le prix augmente, je vais y retourner », rêve-t-il tout haut. 

 

 

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Dans l’immédiat, il planifie la mise en place de sa palmeraie car en cas de chute de prix, ses trois enfants pourront « même frire du plantain avec de l’huile », contrairement aux fèves de cacao dont il « n’arrive pas à savoir quoi faire avec ».

 

 

 

Josiane Kouagheu

 

 

Cet article a été réalisé grâce au soutien d'Africa No Filter 

 

 

 

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