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Cameroun: agriculteur au nom du père et de la mère

Cameroun: agriculteur au nom du père et de la mère
Josiane Kouagheu
Josiane Kouagheu
  • 23-Apr-2026 15:10:00

« Voix agricoles ». Épisode 15. Pierre Cyrille Mbondo perpétue « autrement » l’héritage familial dans l’agriculture. Le jeune homme cultive cacao, manioc, noix de palme, banane plantain… sur plus de 10 hectares. Il dit gagner deux millions de francs Cfa par an. 

 

 

 

Lorsque Pierre Cyrille Mbondo slalome entre ses plants de cacao, machette en main et bottes aux pieds, il peut parler pendant des heures de sa passion pour la terre et de ses cacaoyers aux feuillages verdoyants.

 

 

« J’aime beaucoup parler d’agriculture parce que c’est ça qui me nourrit beaucoup plus », glisse le jeune homme âgé de 38 ans en secouant ses mains pour chasser les moustiques qui bourdonnent tout autour. 

 

 

En cette humide matinée d’avril 2026, il est à peine 7 h et le cultivateur fait déjà des projections sur l’espace encore non utilisé de cette plantation de plus de trois hectares (deux hectares mis en valeur) héritée de son défunt père située à Sombo, une localité de la région du Centre au Cameroun.

 

 

Introduction de notre série « Voix agricoles »

 

 

Pierre Cyrille Mbondo compte y planter du cacao. Non seulement sur ces endroits vides mais également dans une autre parcelle de deux hectares qu’il vient juste de louer. M. Mbondo cultive en plus du cacao, des palmiers à huile, du manioc et de la banane plantain. Le tout sur plus de 10 hectares. « Je veux faire de l'agriculture autrement », martèle ce père de quatre enfants. 

 

 

Travailler « autrement »

 

 

Le jeune paysan a grandi dans une famille essentiellement agricole. Le père était agriculteur. La mère est une agricultrice. « C’est grâce à ça que je suis allé à l’école. Et je crois qu’il était normal de les honorer, explique Pierre Cyrille. De leur montrer que le travail qu’ils ont eu à faire, on peut le faire deux fois (…) Raison pour laquelle moi-même je me suis lancé dans ça. »

 

 

Pierre Cyrille Mbondo, 38 ans, perpétue « autrement » l’héritage familial dans l’agriculture. Photo: Josiane Kouagheu/ Agripreneurs d’Afrique 

 


 

 


Et depuis son lancement en 2011, le jeune homme assure avoir tout fait «
autrement » et multiplié ses récoltes. Sa « toute première » expérience était une cacaoyère de 1,5 hectare. À l’époque étudiant, il ne parvient pas à concilier travail champêtre et études. Il préfère suivre un seul lièvre à la fois. « Il fallait joindre les deux bouts. Partir à l’école, venir au village. C’était difficile pour moi. J’ai dû abandonner », raconte celui qui sortira enseignant de mathématiques de l’école normale.

 

 

Pierre Cyrille Mbondo commence alors l’exploitation d’un champ de deux hectares de bananes plantains, moins gourmand en temps et entretien, ce qui convient mieux à ses allers-retours entre le Nord où il a été affecté et son village. Il épargne les gains. Il se lance aussi dans la culture du manioc. 

 

 

Épisode 1. Cameroun: à Njombé-Penja, une passion économique pour le poivre blanc



 

L’idée lui vient de l'expérience de sa mère.  « Je voyais ma pauvre maman faire du manioc. Elle ne récoltait rien » à cause des hérissons qui rongeaient ses plantes, se remémore-t-il. Plus grave, souligne Pierre Cyrille Mbondo, sa mère tout comme les autres agriculteurs pratiquent alors multiples cultures au même endroit : manioc, ignames, plantains... « Et l’écart n’était pas respecté. »

 

 

« Connaissance »

 

 

Pierre Cyrille lit les livres, regarde des documentaires sur la culture du manioc et se forme. Il apprend que les espacements entre les plantes peuvent aller jusqu’à un mètre. Pas moins de 50 centimètres comme le font les planteurs du bourg. Cette « connaissance » permet à M. Mbondo de travailler « autrement ».   

 

« On conseille les paysans en production de mettre la bouture à un mètre. Disons que ça va faire une densité de 10 000 boutures par hectare, confirme Dr Levai Lewis Dopgima à Agripreneurs d’Afrique. Il y a des paysans qui peuvent avoir un hectare et ils vont semer n’importe comment et ça ne doit pas avoir cette densité. » 

 

 

 

Pierre Cyrille Mbondo cultive du cacao sur plus de deux hectares. Photo: Josiane Kouagheu/ Agripreneurs d’Afrique 

 



Le chef de la cellule d’appui scientifique à la zone quatre de l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) conseille par ailleurs aux fermiers de «
s’assurer que le matériel [semence] est bon ». 

 

 

« Je suis allé chercher les boutures dans un grand champ bien contrôlé, analysé et je suis venu mettre ces boutures au sol », relate Pierre Cyrille qui construit aussi « des barrières contre les hérissons ».  Le village l’observe, dubitatif. Le jeune enseignant investit ses propres moyens et travaille « beaucoup ». Grandes vacances, congés de Noël, Pâques…  « Je quitte le Nord pour être ici. » 

 

 

« L’agriculture nourrit son homme »

 

 

 

 « Quand on donnait les vacances, le lendemain j’étais au village », travaillant de 6 h à 18 h, assure-t-il aujourd’hui. L’investissement est payant. « J’ai apporté quelque chose, sourit-il. J’ai été l’un des premiers jeunes à gagner des millions dans le champ de manioc à Sombo. » Son expérience inspire. Certains commencent « à adopter » ses méthodes. Ils viennent d’ailleurs chercher des boutures chez lui. 

 

 

Pierre Cyrille Mbondo comprend surtout l’importance du suivi technique de la plantation, du respect des normes culturales et de la persévérance. Il se rend aussi compte que « l’agriculture nourrit son homme » car les gains générés dépassent de loin son salaire annuel d’enseignant. Il continue ses cultures du manioc et du plantain tout en mûrissant son « projet agricole ». 


 

Pierre Cyrille Mbondo cultive de la banane plantain sur deux hectares. Photo: Josiane Kouagheu/ Agripreneurs d’Afrique 

 

 



2020 est «
l’occasion idéale ». Sa demande d’affectation dans l’établissement de son village est acceptée, confie-t-il. Pierre Cyrille prépare le terrain et met plus tard sur pied sa plantation de cacao. Et là encore, il fait les choses « autrement ». Il achète ses plants dans un champ sémencier. Un technicien d’agriculture les lui apporte et l’accompagne dans le respect de la procédure : de l’espacement au planting. 

 

 

 

Épisode 3. Sauvé de l’exode rural par l’agriculture 

 

 

 

« Je préfère aller là où je sais que quand je vais prendre la semence, c’est la bonne, précise-t-il. La semence saine, qui n’a pas de maladie, qui n’est pas contaminée. »  Une procédure conseillée par le Dr Jacques Davy Ibaba. Pour ce chercheur à l’Institut de recherches agronomiques et forestières du Gabon qui étudie la virologie végétale et la pathologie moléculaire des plantes, « il est tout à fait possible de prévenir les maladies dans un champ ». 

 

 

 

Plus de terre

 

 

Pour ce faire, ce scientifique encourage, entre autres, les agriculteurs à utiliser des semences certifiées, saines et tolérantes aux maladies locales; à respecter le calendrier cultural adapté à chaque culture et à consulter régulièrement les agents de vulgarisation agricole pour obtenir des informations actualisées sur les cultures et les risques sanitaires. 

 

 

« Je préfère avoir de petits espaces et avoir une bonne production. Raison pour laquelle je pars vers ces instituts pour acquérir la bonne connaissance, en conseils avant de venir les mettre en pratique », avoue Pierre Cyrille Mbondo qui invite régulièrement ces experts dans ses champs pour analyse. Et ça paie. Ses premiers cacaoyers ont commencé à produire l’année dernière. Il a récolté 2,5 tonnes vendues à 3800 francs Cfa le kilogramme. 


Le champ de banane plantain de Pierre Cyrille Mbondo. Photo: Josiane Kouagheu/ Agripreneurs d’Afrique 

 


 


«
Des millions de francs Cfa » qui lui ont permis de lancer le chantier de construction de sa maison à Edéa dans la ville du Littoral et d’acheter trois hectares de terrain dans un village proche, « là où l’autoroute passe ». Il ambitionne d’acheter plus de terre car dans six mois, sa jeune palmeraie entrera en production. 

 

 

« Agriculteur dans l’âme »

 

 

 

« Vous même constatez, demande d’ailleurs le jeune fermier avec fierté, en présentant d’un large geste de la main ses centaines de palmiers à huile disséminés non loin de sa cacaoyère. Si je ne dis pas à quelqu’un que ça c’est 2,5 ans, personne ne peut le savoir. » Ici aussi, Pierre Cyrille a travaillé « autrement ». « Seulement » 150 plants par hectare, soit 600 palmiers bientôt à maturité pour quatre hectares. 


 

Pierre Cyrille Mbondo a également plus de 600 pieds de palmiers à huile. Photo: Josiane Kouagheu/ Agripreneurs d’Afrique 

 

 

 

 

Il dit avoir passé la commande de ses semences à l’Irad: la variété Tenera F1, considérée comme la plus performante actuellement au Cameroun du fait de sa qualité et de son haut rendement. « Je peux me définir comme un opérateur économique, s’esclaffe le jeune exploitant agricole. Ce n’est pas seulement mon salaire qui fait investir. Ce sont mes économies du champ. »

 

 

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Son objectif d’ici à 45 ans ? Posséder au moins 10 hectares de cacao et 10 hectares de palmeraie et être celui-là « qui va juste contrôler et coordonner et non encore celui-là qui doit s’impliquer ». Il pense parfois à une retraite anticipée. « Je suis agriculteur dans l’âme. Par an, je ne peux pas manquer deux millions de francs Cfa. Cet argent m’a permis de créer mes plantations », conclut-il. 



 

Josiane Kouagheu

 

 

 

Cet article a été réalisé grâce au soutien d’Africa No Filter

 

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