Des inondations attendues au Cameroun entre septembre et novembre 2026
D’après l’Observatoire national sur les changements climatiques, ces fortes pluies pourraient entraîner des pertes de cultures de cacao, palmier, banane plantain…
Dans son nouveau bulletin des prévisions des paramètres climatiques (pluviométrie et température), l’Observatoire national sur les changements climatiques (Onacc) annonce une « augmentation des quantités de précipitations … ce qui pourrait occasionner des situations telles que des inondations dans certaines localités » du Cameroun.
Concrètement, à l’exception de la partie ouest de la région du Sud, l’Onacc précise que des « quantités de précipitations relativement abondantes sont attendues durant les mois de septembre, octobre et novembre 2026 sur l’étendue du territoire national ».
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De septembre à mi-octobre 2026 par exemple, l’organisation explique dans son rapport que les zones de plaines des régions de l’Extrême-Nord (Kousséri, Waza, Bogo, Maroua, Yagoua, Mindif et Kaélé) et du Nord (Dembo, Pitoa, Garoua, Lagdo et Poli) pourraient être frappées par des cas d’inondations suite aux quantités de pluies attendues et à la saturation des sols en eau.
Dans la région voisine de l’Adamaoua, l’Onacc table sur des précipitations abondantes particulièrement aux mois de septembre et d’octobre, « avec un risque très élevé d’enregistrer des cas d’inondations », dans les bas-fonds et les zones marécageuses de certaines localités comme Meiganga, Ngaoundéré ou encore Tibati.
L’Observatoire national sur les changements climatiques projette le même risque pour certaines localités des régions du Littoral (Manjo, Edéa, Mouanko, Yabassi, Douala [ii, iii, iv, v], Penja…), du Centre, du Sud-ouest (Idenau, Kumba, Mutenguené, Mundemba, Buea…) et du Sud.
À l’Ouest et au Nord-ouest, l’organisation note un risque élevé d’enregistrer des cas de glissement et/ou d’éboulement de terrain dans les zones de pentes comme Foumban, Tonga, Kumbo, Batibo, Bali, Bafoussam, Foumbot et Bazou.
Gravité jusqu’à l’horizon 2100
Ces inondations pourraient avoir des « impacts potentiels » sur les secteurs de l’agriculture, de l'élevage, de l'environnement ou de la biodiversité.
En agriculture, l’Onacc annonce des risques perturbations des activités agricoles; des pertes de cultures de cacao, palmier, banane plantain causées par des inondations suites aux fortes pluies; la baisse d’efficacité des traitements phytosanitaires dû aux abondantes pluies; le développement des maladies fongiques sur le mil, le sorgho et le niébé due à l’humidité élevée…
Comme solutions, l’observatoire conseille par exemple aux agriculteurs de consulter les informations contenues dans les calendriers agricoles de la deuxième campagne; d’adapter les traitements phytosanitaires aux prévisions climatiques; renforcer les systèmes de drainage agricole (rigoles, fossés)…
« Dans le domaine agricole particulièrement, les aléas climatiques, notamment les sécheresses et les inondations sont amenés à s’intensifier en fréquence et en gravité jusqu’à l’horizon 2100 à cause des changements climatiques et vont affecter la production agricole », s’inquiète le rapport intitulé « Plan national climat du Cameroun » du ministère de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable.
Ce document paru en Avril 2025 explique que l’agriculture étant « essentiellement pluviale » et dépendant « étroitement de la succession des saisons » les risques biologiques et des pertes post-récoltes sur les productions végétales sous l’influence des changements climatiques sont « les deux dangers majeurs » du secteur agricole au Cameroun.
Théophile Philippe Minlo
Image de bannière: Hamidou Kaou 6767 via Wikimedia Commons.