Les importations des poissons, huiles brutes et raffinées en hausse au Cameroun
D’après le ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire, en 2025, les augmentations pour ces produits de grande consommation étaient de 37,8% et 87,3%.
Les importations de poissons et crustacés sont en hausse au Cameroun. D’après le ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), en 2025, l’augmentation pour ces produits de grande consommation était de 37,8% pour une valeur de 231,3 milliards de francs Cfa avec une hausse des volume de 29%.
Dans son nouveau rapport sur l’économie camerounaise en 2025, le Minepat explique que les importations de poissons de mer congelés ont également progressé de 38%, soit 230,9 milliards de francs Cfa contre 167,3 milliards en 2024.
Les importations des huiles brutes et raffinées ont aussi accru, passant de 69 719 à 130 564 tonnes soit une augmentation de 87,3%.
Au même moment, les approvisionnements en lait et dérivés, œufs et miel ont aussi augmenté de 12,2% pour atteindre 21 497 tonnes.
« Dépendance croissante »
Pour le ministère, cette « dépendance croissante » aux importations de produits de grande consommation comme le riz, le blé, le poisson, l’huile de palme et le lait pour lesquels le Cameroun « dispose pourtant d'un potentiel productif avéré » est « préoccupant[e] ».
Si les achats de certains de ces produits ont légèrement diminué en 2025, ils restent tout de même conséquents. Le Cameroun a par exemple importé deux millions de tonnes de céréales en 2025 contre 2,1 millions en 2024, soit une diminution de seulement 3,2%.
Le pays a par ailleurs acheté 872 966 tonnes de riz en 2025 contre 831 337 tonnes en 2024, soit une hausse de 5% en quantité et une baisse de 15,2% en volumes (318,4 milliards de francs Cfa contre 270,1 milliards en 2025).
De manière générale, le Minepat explique que la productivité agricole globale a progressé à un rythme annuel moyen d'environ 1,1 % sur les cinq dernières années, en deçà de la moyenne de l'Afrique subsaharienne (1,8 %), « témoignant d'un retard structurel persistant dans la modernisation du secteur ».
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Le rapport souligne que la production de riz local paddy s'est accrue de plus de 100 000 tonnes entre 2020 et 2024, passant de 297 350 tonnes à 401 084 tonnes, soit une croissance annuelle moyenne de 7,7 %.
Le maïs, le mil/sorgho et la banane plantain ont également enregistré des croissances annuelles moyennes « positives », respectivement de 4,4 %, 2,8 % et 2 %.
Demande nationale supérieure
Dans le sous-secteur de l'élevage, la production de viande de porc est passée de 44 000 à 52 960 tonnes entre 2021 et 2024 (+6,4 % en moyenne annuelle), et celle de viande de volaille de 52 679 à 71 156 tonnes (+10,5 % en moyenne annuelle).
Une évolution qui peine toutefois à satisfaire la demande nationale. À titre d'illustration, le document précise qu’en 2022, la production nationale ne couvrait que 20,9 % de la demande en riz, 0,1 % de celle en blé et 58,9 % de celle en lait, générant une facture d'importation de 1 000 milliards de francs Cfa pour les seuls produits agropastoraux de grande consommation.
Face à ce « déséquilibre structurel », aggravé par les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales induites par la pandémie de COVID-19, le conflit russo- ukrainien ou la situation iranienne, le Minepat assure qu’un plan de soutien à la production et à la transformation des produits de grande consommation, portant initialement sur les filières riz, maïs, blé, lait, poisson, mil/sorgho et soja a été mis en place.
« Ce plan a permis d'engranger les premiers résultats encourageants dès la fin 2023, avec une chute des importations de riz et de blé et une baisse de la facture des importations des produits du règne végétal », justifie le document.
Mais sur le terrain, les défis rencontrés par les agriculteurs sont nombreux. Dans une enquête parue en 2025, une vingtaine d’entrepreneurs agricoles confiait à Agripreneurs d’Afrique les principaux défis rencontrés : problème foncier, manque de financement, difficile accès à la matière première, mauvais état des routes…
Le nerf de la guerre restait l’accès au financement comme le confiait 80% d’entre eux. « L'agriculture est le métier le plus risqué », expliquait Dr Olivier Dimala.
Pour l’économiste, pour résoudre ce problème de financement, le Cameroun devrait créer une banque agricole qui réponde aux exigences de ce métier imprévisible où feux de brousse, inondations et autres aléas climatiques dominent.
Théophile Philippe Minlo