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Cameroun: l’ananas en complément

Cameroun: l’ananas en complément
Josiane Kouagheu
Josiane Kouagheu
  • 08-Apr-2026 10:00:00

« Voix agricoles ». Épisode 6. Soudeur de profession, Pascal Demanou est passionné par l’agriculture. Il cultive de l’ananas sur un hectare. 

 

 

Au « premier marché de fruits du Cameroun » planté en plein cœur de Njombé, localité rurale située dans la région du Littoral, André Ngomo attend ses clients. Ce samedi, une quinzaine d’entre eux lui ont passé des commandes au téléphone, presque suppliants. 

 

 

Tous veulent les mêmes fruits achetés deux jours plus tôt. Le détaillant et grossiste d’ananas installé dans cet espace marchand depuis près d’un quart de siècle en a encore. Certains fruits sont d’ailleurs exposés sur son comptoir. 

 

André Ngomo s’est installé au « premier marché de fruits du Cameroun » il y a environ un quart de siècle. Photo: Josiane Kouagheu / Agripreneurs d’Afrique

 

 


André les a achetés chez Pascal Demanou, l'un de ses fidèles fournisseurs.  «
Il a la bonne qualité. Il cultive la très bonne qualité », insiste le commerçant aux lunettes de soleil.

 

 

D'après cet homme âgé de 47 ans, ces ananas sont « bio » et « bien sucrés ». « Mes clients sont satisfaits. Ils sont très satisfaits. » Pour André, son livreur est  « parmi les meilleurs cultivateurs de la ville ». 

 

 

« Passion de travailler »

 

 

« Tout ce que tu fais avec un seul cœur et tu te dis que tu vas réussir, tu vas réussir, souligne modestement l’intéressé rencontré dans son champ d’ananas, à quelques kilomètres du marché. Ça va te nourrir. » 

 

Ce jour-là, Pascal slalome entre les plantes herbacées aux fruits mûrs. Il contrôle leur état et programme sa prochaine séance de récolte après celle effectuée 48 heures plus tôt. « L’ananas n’est pas facile, souffle le fermier âgé de 38 ans qui pèle et déguste l’un de ses fruits. Il faut vraiment avoir cette passion de travailler dans l’ananas. »

 

 

Le jeune homme n’a jamais eu qu’un rêve: travailler dans les champs. Photo: Josiane Kouagheu/ Agripreneurs d'Afrique 

 

 

 


Pascal s’y est lancé par «
véritable » vocation. Tout juste après avoir achevé sa formation en soudure (2005-2009) sous l’insistance de son oncle, le jeune homme n’a qu’un rêve, travailler dans les champs. 

 

 

À ce moment-là, l'un de ses amis fait des jobs dans les plantations d’ananas de Njombé. Un jour, il sollicite son aide pour les semis. Pascal accourt. Sur les lieux, le patron est séduit par sa manière de travailler. Une fois la tâche achevée, il lui propose de rester à ses côtés.

 

Introduction de notre série « Voix agricoles »

 

 

 

Car Pascal a un avantage sur les autres employés saisonniers: il maîtrise la conduite de la moto. Le chef a besoin d’un chauffeur. Au-delà de cette « force », « mon travail consistait à planter, à puiser de l’eau, faire les traitements et ravitailler ». 

 

En 2015, encouragé par son employeur qui lui fournit conseils techniques et autres aides, il fait sa première expérimentation. Grâce à ses économies, il lance son premier carré d’ananas: 5000 pieds. 

 

 

De 5000 à plus de 30 000 pieds

 

 

Un an et cinq mois plus tard, c’est une réussite. Son patron l’aide à écouler sa récolte. Mais Pascal Demanou doit très vite s’interrompre. « J’ai eu des problèmes [fonciers] dans le champ. J’ai décidé de laisser pour un bout de temps. » 

 

Il continue de travailler aux côtés de son boss jusqu’à son décès en 2018. L’année suivante, il se relance sur un autre carré. 5 000 pieds une fois de plus. Pour réunir les fonds nécessaires, il met sa connaissance de soudeur en exergue: il enchaîne les petits boulots, assemble 200 000 Francs CFA et se lance. 

 

 

Après avoir déduit toutes ses dépenses et besoins, il obtient un bénéfice d'au 100 000 Francs CFA.  Il évolue. 8000 pieds. Car il n’a plus besoin d’acheter de nouvelles semences (rejets). 



Pascal Demanou a commencé par cultiver 5 000 pieds. Il produit aujourd’hui 30 000 pieds sur un hectare. Photo: Josiane Kouagheu / Agripreneurs d’Afrique 

 

 

« Si tu as déjà réussi à planter 5 000 pieds, cela veut dire qu’à l’échéance prochaine, tu pourras réussir à planter 10 000 pieds en les récoltant sur les mêmes souches où tu as coupé  les fruits. Au fil des années, Pascal a augmenté ses plants jusqu’à atteindre un hectare aujourd’hui, soit plus de 30 000 pieds. 

 

 

Mais pour l’agriculteur augmenter la surface d’exploitation n’est pas synonyme de gain « excessif ». Son bénéfice après déduction de tous ses besoins, charges et dépenses stagne souvent à 300 000 Francs Cfa, confie-t-il. 

 

« Aujourd’hui, on ne peut pas dire qu’on gagne plus parce que tout est devenu tellement cher, dit-il en balayant du regard les plants d’ananas qui s’étendent à perte de vue. La main-d'œuvre est devenue chère. Tout est devenu cher. »

 

 

 

« Être patient »

 

Pascal assure qu’à ses débuts, la journée de travail oscillait entre 1000 et 2000 francs Cfa. Aujourd’hui, les employés saisonniers demandent 3 000 Francs CFA et plus, « pour venir travailler jusqu’à 11 h » du matin. « Vous voyez que même si tu augmentes la superficie, tu ne peux pas gagner grand-chose parce que la main d’oeuvre coûte chère, les engrais coûtent chers. » 

 

 

Pour multiplier ses gains, le paysan a ouvert son atelier de soudure. Il loue également une autre plantation où il cultive « un peu de tout » : banane-plantain, cacao, tubercules…

 

 

« Quand je n’ai pas de travail à l’atelier, je suis au champ. Parce que je peux vendre et ça résout au moins mes problèmes. » Avec les années, Demanou précise avoir appris à « être patient parce qu’on ne plante pas aujourd’hui, on coupe demain ». Un conseil qu’il applique et distille. 

 

 

André Ngomo est d’ailleurs devenu agriculteur grâce à ces astuces. Le commerçant qui se contentait « juste d’acheter et de vendre » produit aujourd’hui 10 000 pieds d’ananas sur un quart d’hectare. 

 

 

« C’est lui qui m’a encouragé. Il m’a dit “tu peux aussi planter et récolter.” », apprécie M. Ngomo qui ambitionne d’étendre sa surface cultivable d’ici  deux à trois ans. De son côté, Pascal n’a aucune intention d’abandonner l’agriculture qui lui a permis d’accomplir « beaucoup de choses ». 

 

 

« Je suis un homme qui a déjà une femme. J’ai cinq enfants. Ce n’est pas chose facile. Cinq enfants ! s’exclame-t-il. Il faut aller à l’école, nourrir, payer la location. C’est cet argent qui me permet de tout réaliser. »

 

 

Josiane Kouagheu

 

 

Cet article a été réalisé grâce au soutien d’Africa No Filter 

 

 

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