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La culture du haricot permet de lutter contre les mauvaises herbes dans les potagers

La culture du haricot permet de lutter contre les mauvaises herbes dans les potagers
  • 19-Oct-2026 17:37:00

D’après une étude basée sur des expériences dans les champs, cette légumineuse comestible lutte contre les plantes adventices et réduit le temps de travail.

 

 

 

Chaque année, des millions d’agriculteurs africains voient leurs plantations attaquées par des ravageurs, insectes et autres maladies qui déciment parfois toute leur récolte. Si les pertes liées aux ravageurs vont au-delà de 50% et 15% pour les insectes, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l’agriculture (Fao), estime que 13% des pertes potentielles sont imputées aux éléments pathogènes et aux mauvaises herbes.  

 

 

D’après une étude parue dans le journal Agronomie africaine, la présence des adventices est même le « principal ennemi » de certains cultivateurs. «  Pour venir à bout de ces ennemis, les agriculteurs sont parfois obligés d’utiliser des produits phytosanitaires et/ou de doubler le temps de travail au champ afin d’augmenter leur productivité pour pouvoir satisfaire les demandes des consommateurs », explique l’équipe de chercheurs de l’université Jean Lorougnon Guédé en Côte d’Ivoire. 

 

 

 

Ces scientifiques ont mis en place une technique culturale permettant une meilleure gestion des adventices dans les potagers par l’utilisation d’une légumineuse comestible: le  haricot Contender de son nom scientifique Phaseolus vulgaris. 

 

 

Pour déterminer l’effet de cette légumineuse sur l’enherbement et évaluer son impact sur le temps de travail en plantation, l’équipe a effectué des essais sur 24 placettes randomisées de 10m2, dont 12 témoins et 12 avec association de cultures dans le jardin potager de la prison civile de Gagnoa, ville du Centre-ouest de la Côte d’Ivoire. 

 

 

Les scientifiques ont divisé leurs champs en trois placettes témoins pour la culture du haricot, trois placettes pour la culture de l’aubergine et autant de placettes pour l’association culturale haricot-aubergine.  

 

 

39 espèces de mauvaises herbes

 

 

Mais avant la mise sous terre des semences de  Phaseolus vulgaris et  de l’aubergine (Solanum melongena), ils ont effectué l’inventaire de l’ensemble des espèces végétales présentes sur les parcelles. Un travail qui leur a permis d’identifier 39 espèces de mauvaises herbes.

 

 

 

Ils ont refait la même opération après la mise en place de leur dispositif expérimental. « L’inventaire de la flore adventice à l’échelle des différents placettes a permis de 3 espèces dans les sous blocs haricot, 7 espèces dans les sous blocs haricot-aubergine et 14 espèces dans les sous blocs aubergine », précise l’étude. 

 

 

Les chercheurs ont alors découvert que les sous blocs haricot (SBH) et aubergine-haricot (SBAH) ont nécessité moins de temps de travail pour le désherbage. Après le troisième mois du cycle végétatif par exemple, le désherbage était effectué une fois par mois dans les SBH et SBAH. 

 

 

« Par contre, dans le sous bloc [aubergine], l’entretien était réalisé trois fois par mois », écrivent les scientifiques qui expliquent que cette prolifération des mauvaises herbes dans est mieux contrôlée par la technique d’association culturale (Haricot-Aubergine) qu’en monoculture.

 

 

Car par son « action recouvrante », la plante de couverture (haricot) agit sur la croissance des adventices en créant des conditions défavorables à leur développement. « Cette association de culture crée de l’ombrage aux adventices qui sont en majorité des espèces héliophiles, qui ont besoin du soleil pour une bonne croissance », notent les scientifiques. 

 

 

 

En conclusion, ils assurent que la «  légumineuse a permis la réduction du temps de travail et l’obtention de produits de récolte de bonne qualité et en grande quantité tant pour la spéculation (l’aubergine) que pour les gousses de haricot. »

 

 

 

Théophile Philippe Minlo 

 

 

 

Image de bannière: David Adam Kess via Wikimedia Commons. 

 

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