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Un jeune tchadien élève des poussins abandonnés par les éleveurs

Un jeune tchadien élève des poussins abandonnés par les éleveurs
  • 21-Apr-2018 05:21:00

Élève en classe de seconde,  Annour Adam Mahamouth, 20 ans, a démarré sans fonds. Il possède aujourd’hui un poulailler de 500 poulets de chair.

 

Orphelin de père depuis plus d’une dizaine d'années, Annour Adam Mahamouth, communément appelé Nour, n’a qu’une source de revenus: la vente des  produits aviaires. Une activité qui lui procure de quoi survivre, prendre en charge sa famille  et financer ses études. 

 

« Je n’ai pas fait une école d’agronomie, encore  moins une formation en élevage. J’ai appris en aidant les autres. Je me renseigne chaque fois que je suis avec les aînés. Je pose des questions et je fais de mon  mieux pour ne pas oublier. C’est ainsi que  je m’y suis lancé progressivement, tout en gardant contact avec eux » relate-t-il.

 

 Poussins abandonnés

 

A ses débuts, ce jeune éleveur a commencé par la  collecte des poussins mourant, abandonnés par les éleveurs, qu’il a réussi à ramener à la vie. Les survivants bénéficiaient alors de soins appropriés et étaient nourris aux déchets ménagers.  

 

« Quand il y a production d’aliment, je viens poliment aider ceux qui travaillent dans l’usine et à la fin, je ramasse les aliments tombés. Quelques fois, je demande aux   producteurs eux-mêmes quelques kilos d’aliments pour ma ferme. C’est ainsi qu’avec les premières expériences, j’ai pu faire des économies pour avancer » se rappelle-t-il. 

 

Grâce à sa persévérance, cet éleveur qui ne disposait d’aucun fonds, est  aujourd’hui à la tête d’un poulailler de près de 500 poulets.  

 

Autrefois  démarcheur, il est devenu au fil des années   fournisseur et employeur. Ses clients sont les hôtels, les ménages, les particuliers et tout consommateur de poulet. Ses prix varient de 2 000 à 3 000 francs Cfa selon le poids et l’âge de la volaille.  

 

« Aller doucement »

 

« Mon papa me disait que  pour aller loin dans la vie, il faut être aimable, serviable avec tout le monde tout en respectant ses principes personnels. Aller doucement est ce qui nous donne de l’assurance à bien voir et corriger nos erreurs. Il ne faut jamais abandonner quand on sait qu’on est sur le bon chemin » conseille  Annour Adam Mahamouth.

 

Fils de la sentinelle de la Société Nationale de Production Animale (Sonapa), l’unique structure de production aviaire à N’Djamena, devenue Coopérative des Producteurs pour le développement de l'Élevage (C.P.D.E), il a su en tirer un avantage. 

 

Annour Adam Mahamouth, n’a qu’une source de revenus: la vente des  produits aviaires. Une activité qui lui procure de quoi survivre, prendre en charge sa famille  et financer ses études. Photo: Marabeye Archange / Agripreneurs d’Afrique 

 



Entre autres,  l’apprentissage de la composition des aliments de poulets, la réception des poussins, les démarches de liquidation, les stratégies de clientèle. 

 

« Mon père m’a confié  que la clé de l’apprentissage est la curiosité, la bonne. Toujours chercher  à comprendre. Ne rien lâcher en cours de route et être aimable avec les gens, qu’importe leur caractère. C’est difficile mais je tiens encore le coup », affirme ce  jeune éleveur.

 

Défis et perspectives

 

En dépit des difficultés qu’il connaît, Annour Adam Mahamouth, attend réaliser de grandes choses.  

 

« Je compte agrandir mon poulailler,  mais, je n’ai pas  assez d’espace pour le faire. Avec le temps, je vais construire sur un terrain personnel mon poulailler avec une capacité conséquente. Je rêve de faire partie des grands éleveurs du Tchad, et inch’allah (Dieu voulant, ndlr) j’y arriverai. Je fais tout cela pour ma famille et pour financer  mes études. C’est une activité de grands risques, où un faux pas nous fait tomber au plus bas de l’échelle, mais j’ai espoir que ça va s’améliorer, malgré la concurrence », pense Annour.

 

 

 


Les difficultés majeures auxquelles il est confronté sont entre autres,  la cherté des denrées de première nécessité pour l’alimentation de la volaille, l’accessibilité au fonds pour se développer, la clientèle qui se fait de plus en plus rare. 

 

« Les poulets congelés importés sont un obstacle pour les producteurs locaux.  Nous sommes oubliés et produisons à perte. Les poulets congelés importés coûtent moins chers que ce que nous élevons sur place. Nous comptons mener des campagnes pour sensibiliser les Tchadiens  à consommer le poulet  local et frais », conclut Annour.  

 

Marabeye Archange, N’Djamena-Tchad

 

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