Papaye solo, un fruit rentable au Cameroun
À Penja, localité située dans la région du littoral au Cameroun, certains habitants gagnent leur vie grâce à la culture de ce fruit. C’est le cas de Gaël Ngounou, 34 ans, qui réalise un chiffre d'affaires de près de trois million de francs CFA mensuellement.
Sur le long de la route, à l’entrée de Penja, petite ville située dans la région du Littoral au Cameroun, des champs de papayes s’étendent à perte de vue. Aux points de contrôle policiers et autres arrêts, des hommes, femmes et enfants sont assis derrière des cuvettes pleines de papayes.
Certains courent après les voitures qui passent sur cette route nationale. « Papaye solo bien sucrée madame », crie une jeune dame, en interpellant de potentiels clients.
La ville, réputée pour son poivre blanc qui assaisonnent des plats à travers le monde entier, est aussi connue sur le plan national pour ces fruits qui se déclinent en plusieurs variétés.
Dans les champs, les papayes sont partout. De nombreux paysans se sont spécialisés dans la production de ce fruit adulé pour sa chair.
Entretien
Gaël Ngounou est l’un de ces producteurs. Il s'est lancé en 2015. Vêtu d’un pantalon gris et d’une chemise noire, cet homme âgé de 34 ans s’apprête à se rendre dans son champ. Il enfile ses gangs et chausse ses bottes avant d’enfourcher sa moto. Sur le site, il contrôle tour à tour les fruits qui sont à maturité.
Léger sourire aux lèvres, il lève les yeux vers le ciel et remercie Dieu dans une prière. Gaël a commencé comme ouvrier avant de lancer à son propre compte grâce à l’argent économisé.
« Cette activité peut te faire réaliser un projet en un laps de temps », confie Gaël Ngounou. Le trentenaire est propriétaire d’un terrain d'un hectare et demi sur lequel il cultive deux types de papayes : les solos américains (petites papayes) et les Goliath (pour les grosses papayes). Pour avoir une bonne récolte, il doit se soumettre à d’énormes sacrifices physiques et financiers.
Pour entretenir ses papayes, le jeune producteur doit procéder à un désherbage manuel et régulier, pendant les trois premiers mois de la plantation. « C'est une culture qui demande d’appliquer une fumure de fond constituée de fientes d’animaux mélangées à la terre de surface », détaille-t-il.
Récolte
Mais, la récolte, lorsqu’elle est bonne, évacue les peines. Et elle intervient dès le dixième mois, après les semis. « Je suis déjà dans la période de mes récoltes » souffle Gaël. Pour ce travail, cet homme originaire de Bana, commune située dans la région de l’Ouest, fait appel à des ouvriers temporaires.
« J’ai un coupeur de papaye à qui je donne 3000 francs Cfa par jour, un porteur qui achemine les fruits près du véhicule moyennant 3000 francs par jour et le transporteur à l’aide d’une Dyna. Je le paie 10 000 francs Cfa par jour », précise-t-il.
Un travail de chaîne bien organisé qui dure entre sept et 10 jours. Soit trois à quatre fois par mois. « On peut commencer à récolter et ça continuera toute l’année », poursuit-il.
Trois millions par mois
Après la récolte, c’est la vente. Et là aussi, Gaël est organisé. Ce père de deux jeunes garçons remplit un camion de ses papayes et les livre au marché Sandaga, à Douala, la capitale économique du Cameroun.
Grâce à cette activité, il pu faire de nombreuses réalisations. «J’ai pu m’offrir encore trois hectares de terrain sur lesquels, je compte agrandir mon secteur d’activité », se réjouit-il.
De plus, il parvient à faire de petites économies. Il réalise un chiffre d'affaires de près de trois millions de francs CFA mensuellement.
Malgré ce gain, les difficultés ne manquent pas. « La crise anglophone et le covid-19 sont venus mettre un frein à notre secteur d’activité. Aujourd'hui, nos potentiels clients viennent essentiellement de Douala, Yaoundé et Bafoussam », souligne-t-il.
Bien plus, « Les engrais qui permettent de nourrir les papayes coûtent extrêmement chers » ce qui a impacté le prix de ces fruits très prisés.
Toutefois, Gaël Ngounou garde espoir que la papaye reprenne sa valeur d’autrefois. « Pour l’instant, notre espoir réside sur les papayers plantés depuis longtemps. Nous bénéficions de ses fruits car la production continue toute l’année. »
Amélie Dita à Penja