De 500 à 5 000 poulets de chair, l’ambition d’Alvina Doris, la jeune éleveuse du Gabon
A 25 ans, la jeune femme a commencé par un apprentissage.
Au quartier Angone dans la ville d’Oyem au Gabon, Alvina Doris Ntsame Akono est une fermière pas comme les autres. Cette jeune femme âgée de 25 ans produit en moyenne 500 poulets de chair toutes les huit semaines. De la volaille qu’elle écoule sur le marché local. Car, «à Oyem, le poulet est une viande très prisée lors des cérémonies familiales», confie Alvina.
Au départ, elle projetait d'élever mille poulets. Mais, faute de moyens financiers, la jeune femme d’affaires a revu ses ambitions à la baisse. Pour un temps, bien évidemment. « Petit à petit, mon entreprise prend de l’ampleur et mes produits sont de plus en plus demandés», sourit-t-elle.
Apprentissage
Rien ne prédestinait pourtant cette pétillante jeune femme à une carrière d’éleveuse. Alvina arrête l’école en classe de 4ème au Lycée Technique d’Oyem par manque d’argent. C’est alors qu’elle rencontre un ami, éleveur à « plein-temps », qui la plonge dans le métier. Elle se passionne en quelques mois pour l’élevage et débute l’apprentissage dans une ferme de 15 porcs. En décembre 2018, elle se sent prête et se lance. Très vite, elle rencontre de nombreuses difficultés.
Comme Alvina, les habitants d’Oyem sont en majorité de petits exploitants agricoles et éleveurs. Ici, le sol est fertile, la demande en viande de volaille et porcine est sans cesse croissante. Des populations veulent alors consommer «local et frais». Cependant, la plupart des fermiers ont peu d'accès aux semences et à l’aliment pour leurs bêtes. A cela s’ajoute le manque de formation (bonnes pratiques et gestion d’élevages modernes).
Provenderie
Il y a trois ans, Alvina Doris a été sélectionnée avec plusieurs autres exploitants, membres des coopératives des éleveurs, pour participer à une formation sur la formulation d’aliments pour bétail et la gestion de coopérative, dans le cadre du projet d’« appui à la promotion des petits élevages par un meilleur accès à l’aliment pour bétail au Gabon», mis en place par le Gouvernement gabonais.
Après ces formations théoriques et pratiques, une provenderie équipée grâce à l’Organisation des nations pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a été mise à la disposition des coopérateurs. Une aubaine pour Alvina Doris désormais plus outillée. « Mon ambition est d’accroitre ma production à 5000 poulets de chair d’ici à deux ans et d’employer des jeunes gabonais afin d’inonder le marché local voire national avec mes produits!», conclut la jeune femme, armée de son éternel sourire.
Théophile Minlo