Depuis tout petit, Carmel Kapwabwa a toujours voulu devenir un homme indépendant. Surtout sur le plan économique. Une ambition qui l’a poussé dans l’agriculture. A 27 ans, ce diplômé en droit de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC) a réussi son pari. Depuis un an, il est investi dans l’agriculture, plus particulièrement le maraîchage. Carmel cultive du gombo, des épinards, aubergines, de la tomate…
« C’est la difficulté à trouver un emploi et des fonds nécessaires pour me prendre en charge qui m'ont motivé à me lancer dans l'agriculture. En 2010, j'ai eu une vision en mettant sur pied une structure apolitique où les jeunes s'organisent afin de se prendre en charge. Mais on n’avait pas d'argent pour légaliser nos documents. C’est grâce à l'agriculture qu'aujourd'hui, la structure Mouvement des jeunes pour le développement durable est mise en place », raconte-t-il.
D’un million à plus de 3 millions en un an
Sans argent pour se lancer donc, Carmel Kapwabwa convainc un proche installé aux Etats Unis de lui avancer l’argent nécessaire. Ce dernier lui envoie 2500 dollars ( 1 400 000 F. Cfa). Le jeune homme achète un terrain et se lance. A l’époque, il cultive les amarantes et autres légumes. Au bout de trois semaines, il a un bénéfice de 160 000 F. Cfa. Il cultive aussi les aubergines et tomates. En trois mois, il encaisse près de 500 000 F. Cfa.
Un an plus tard, Carmel a doublé son capital, grâce à ses marges bénéficiaires. Il est passé d’un million à près de trois millions. « Aujourd'hui des jeunes demandent les dernières marques des téléphones à leurs familles qui sont à l'étranger. Des téléphones coûtant jusqu’à un million de Francs Cfa. Pourtant, cet argent peut bien les aider à démarrer une activité agricole qui peut rapporter gros au bout de quelques mois seulement », explique le jeune agriculteur.

Mais, le coût de transport fait défaut à ce juriste. Apres avoir essayé la vente à Kinshasa sans succès à cause de la longue distance séparant sa plantation des différents lieux de vente, Carmel a trouvé une astuce. Il a approché les femmes marchandes ambulantes qui viennent acheter surplace, dans son champ, et vont les revendre dans les rues de Kinshasa.
D’après Carmel, en RDC, 80℅ des terres sont arables. « Mais l'attention de beaucoup de jeunes est tournée vers la bureaucratie, s’agace-t-il. L’économie de notre pays est entre les mains des étrangers(les mines, les banques, hydrocarbures etc). Je voudrais donc faire de l'agriculture une autre richesse qui ne dépend pas de l'étranger ». Dans son entreprise, Carmel collabore avec un ingénieur agronome et un autre agriculteur de Kasangulu dans les périphéries de Kinshasa. Il engage des journaliers qui l’aident aux travaux de labours et de sarclage. Son rêve ? Passer aux méthodes modernes de culture.
Un message à la jeunesse :
« L'agriculture est une mine d'or pour la jeunesse congolaise, elle permet l'auto prise en charge, l'augmentation du chiffre d'affaires car c'est un domaine qui rapporte énormément. Elle permet aussi d'éviter des maladies car notre agriculture est bio, nous n'utilisons pas les engrais chimiques. Il y a de l'avenir pour la jeunesse congolaise en RDC. Cet avenir n'est possible que si et seulement si nous décidons de nous mettre ensemble et de nous prendre en charge en posant des actions de développement durables sur terrain. L’un de mes objectifs est d’encourager les jeunes congolais et surtout kinois à se lancer dans l’agriculture et l’élevage afin de se prendre en charge ».
Sammy Mupfuni à Kinshasa