Agée de 46 ans, Mirabelle Mboula Djussi est l’une des rares femmes à Mbanga, dans le département du Moungo, région du Littoral camerounais, qui gère une cacaoyère de près de 4 hectares. Cette ferme fait partie de l’héritage que cette mère de six enfants a obtenu à la mort de son mari, il y a un an, en plus d’une porcherie d’environ 50 bêtes. D’abord sous la tutelle de son défunt conjoint qui dirigeait les différentes activités, Mirabelle doit désormais y faire face toute seule, avec sa progéniture qui constitue sa principale motivation et sa main d’œuvre. « Quand mon mari est mort je me suis retrouvée seule avec les enfants. C’est lui qui gérait la plantation et la porcherie, tandis moi je l’accompagnais. Mais depuis qu’il est mort je suis obligée de prendre la relève et maintenir la flamme parfois avec le soutien de mon entourage », affirme cette cultivatrice.
La tâche n’est pas aisée pour cette veuve qui a aussi hérité des dettes. « Toutes mes activités me permettent de subvenir aux besoins de ma famille davantage maintenant que je suis seule. Le seul handicap que j’ai pour l’instant ce sont les dettes laissées par mon défunt époux que je suis en train de rembourser. Il manque une somme de trois millions F Cfa à payer à la banque, mais je parviendrai à l’éponger progressivement », ssure-t-elle. Pour honorer ces engagements et pouvoir joindre les deux bouts, cette cacaocultrice travaille deux fois plus dur. Dans son exploitation, Mirabelle a pu accroitre sa production de cacao à 3 tonnes par campagne, ce qui revient à environ 2,5 millions F Cfa. Mais aussi, elle a diversifié ses activités agricoles. « Je cultive aussi le manioc, le maïs, et d’autres cultures vivriers. Même si le cacao reste la principale culture, je développe ces produits pour combler les besoins alimentaires de la famille », explique cette veuve.
Porcherie
A côté de l’agriculture, cette amazone tient aussi une porcherie. Elle l’a restructurée à hauteur de 15 millions de F Cfa de prêt. « Actuellement j’ai environ 50 porcs parce qu’en décembre dernier, j’ai évacué une bonne quantité. J’ai beaucoup dépensé pour relancer cet élevage. Mais je m’occupe de mes enfants sans souci. Quand j’aurai épongé mes dettes, je pourrai me fixer sur mes bénéfices. Quand on pratique la bonne technique d’élevage, on trouve toujours son compte », souligne Mirabelle qui forme aussi de jeunes cacaoculteurs. La jeune femme sait qu’elle doit batailler dur pour s’imposer dans un milieu contrôlé majoritairement par les hommes. Un défit quotidien qui ne l’empêche pas d’atteindre ses objectifs qui se résument au bien-être de sa progéniture et à la croissance de ses entreprises. En plus de l’éducation classique, Mirabelle inculque déjà les techniques agricoles chez ses protégés dans le but de perpétuer l’héritage familial.
M.M