« Il n‘y a plus de saisons »: dans le Littoral camerounais, des pêcheurs artisans face aux changements climatiques
Pluies abondantes, chaleur caniculaire, marée haute anormale, vents violents… face à ces perturbations et aux violations des navires industriels, certains se tournent vers de mauvaises méthodes de pêche.
La pirogue tangue. Emmanuel zigzague jusqu’à la rive où il amarre sa petite embarcation en bois à Youpwé, débarcadère situé dans le deuxième arrondissement de Douala, capitale économique du Cameroun. Aujourd’hui encore, la pêche n’a pas été bonne. Emmanuel est habitué. Ces dernières années, ce jeune homme âgé de 35 ans et descendant d’une lignée de pêcheurs de Mbiako, petite île située dans la région du Littoral, a vu sa production chuter au fil des virées en mer. « Le climat a changé », soupire ce père de six enfants, casquette vissée sur le crâne.
Il y a trois ans, une pirogue a chaviré. Cinq pêcheurs en sont morts. Ce jour-là, se souvient avec douleur Emmanuel, les vents étaient violents. Les vagues aussi. Ces décès ont semé la panique. « Cela a fait en sorte que maintenant, quand il y a une petite tempête, chacun reste chez lui ». En réalité, l’incident a surtout poussé les pêcheurs à prendre conscience des changements.
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« La pêche n’a pas changé, s’empresse de préciser Emmanuel. Ce sont toujours les mêmes manières. Les mêmes méthodes ». Mais les perturbations du climat font « en sorte que la pêche change ». Concrètement, appuie le trentenaire, les années ne se ressemblent plus. Selon ses observations, en 2024 par exemple, les vents étaient violents mais pas autant que cette année. Conséquence, le pêcheur ne peut plus « regarder le ciel » et prédire « ce qui va se passer ». Comme avant.
Augmentation de la température
D’après Armel Bibaye avant ce bouleversement, la saison de pêche allait de septembre jusqu’en mai-juin. « Chacun pêchait aisément, se souvient avec nostalgie le pêcheur âgé de 40 ans en balayant du regard l’eau qui s’étend à perte de vue. Hormis de petits changements de marée qui pouvaient faire bouger la mer. Ça se calmait deux jours après. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Ça ne respecte plus son programme ».
Armel n’a plus de jours de congés car le climat étant imprévisible, il doit rester en alerte pour pouvoir se déployer au bon moment: « ça impacte le revenu. Ça ne permet plus de prendre du repos. Tu travailles, tu travailles, tu travailles sans arrêt ».
Comme Armel et Emmanuel, de nombreux pêcheurs artisans rencontrés par Agripreneurs d’Afrique se plaignent de l’impact des changements climatiques: « trop de soleil », « vents trop violents », « pluies extrêmes », « marée anormale», « climat difficile », « chaleur insupportable », « vagues tout le temps »… D’après le rapport National sur le climat et le développement de la Banque mondiale consacré au Cameroun, le changement climatique constitue une « menace imminente » pour le développement du pays.
Selon ce document publié en 2022, en 46 ans, la température annuelle moyenne a augmenté de 0,86°C
passant de 24,28°C en 1974 à 25,14°C en 2020. En parallèle, les précipitations ont diminué. Ces impacts, véritables « dangers aigus et chroniques», « déjà élevés », exposent le pays à de « graves pertes économiques et de bien-être », révèle l’institution financière. Le Cameroun étant dépendant de ses ressources naturelles et de l’agriculture, des millions de personnes sont de ce fait affectées.
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Dans une étude intitulée « Implications du changement climatique sur la sécurité alimentaire : le cas du secteur de la pêche au Cameroun » parue en 2021, des chercheurs des universités de Buea et de Yaoundé II notent que l'élévation du niveau de la mer signifie que les communautés de pêcheurs côtiers sont « fortement affectées » ainsi que les pêches d'eau douce intérieures, par l'évolution des régimes de précipitations.
Destruction des mangroves
Pour ces experts, la relation entre la pêche et les systèmes écologiques est « plus large et plus remarquable » que celle qui se produit dans l'agriculture traditionnelle. À titre d’illustration, ils expliquent que la hausse de la température de la mer et son acidité accrue rendent par exemple « plus difficile » le processus de façonnage des coquilles (calcification) pour les espèces marines telles que les crevettes, les huîtres ou les coraux.
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Comme effets directs et indirects de ces changements, l’équipe de chercheurs cite, entre autres, la réduction de la productivité et rendements de la pêche, des changements dans la distribution des espèces exploitées, les augmentations dans la récurrence et l'intensité des inondations et tempêtes affectant les opérations de pêche, l’augmentation de la migration des pêcheurs, la diminution des stocks, la destruction des habitats…

Selon le Docteur Nenwala Djidimbele, la destruction des mangroves par exemple « contribue beaucoup » à la réduction du CO2 dans l’atmosphère. D’après l’Atlas des mangroves du Cameroun, entre 2000 et 2015, le pays a perdu 7,9% de ces forêts, par ailleurs habitats et lieux de reproduction des espèces aquatiques.
« Quand on enlève ces arbres, ça provoque l’augmentation de la température au niveau de ces écosystèmes, l’inondation, le dessèchement de certaines zones. Cela a beaucoup d’impact » au niveau de la température de la mer, poursuit le chef de service régional des pêches, de l’aquaculture et des industries halieutiques à la délégation régionale de l’élevage, des pêches et industries animales (Minepia) du Littoral.
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A l’en croire, quand la température devient très invariable, cela a des effets sur les stocks de poissons. Car certaines espèces n’aiment pas vivre là où la température est élevée ou très basse. De plus, quand la température est élevée, les eaux glaciales se fondent, créant l’inondation et la montée du niveau de l’eau. « Ça pose des problèmes aux pêcheurs. Il y a de fortes pluies, les vagues sont également élevées, fortes, détaille Dr Nenwala Djidimbele, qui reçoit assis derrière son bureau encombré de documents. Ils ne peuvent pas aller en mer. Le changement climatique joue sur la fréquence, sur leurs activités ».
« Tous pourris »
Adrien Edongue l’expérimente au quotidien. Ce jeune homme âgé de 34 ans et pêcheur depuis l’âge de six ans, pratique la pêche au filet et à piège. Pour ce dernier type, il utilise des dizaines de fûts adaptés qu’il place jusqu’à huit mètres environ de la surface de l’eau pour attrapper les poissons. Adrien les contrôle tous les quatre à cinq jours. Durant certaines périodes, il fait « tellement », « sauvagement » et « exagérément » chaud. Les poissons ayant mordu au piège ne sont pas « à l’aise ». « Je les trouve tous pourris », regrette M. Edongue.
Face à ces pertes, Adrien se rabat le plus souvent sur ses filets. Mais là encore, il n’est pas au bout de ses peines. Les navires de pêche industriels détruisent régulièrement ses filets. Selon le pêcheur, ces navires qui transportent le plus souvent les pêcheurs chinois, pratiquent leurs activités dans les mêmes lieux que les pêcheurs artisanaux. « Ils viennent déjà pêcher devant les maisons. Ils font la pêche aux abords de l’eau. Eux qui étaient censés être en pleine mer », peste le pêcheur.
La loi camerounaise stipule que les pêcheurs industriels doivent exercer à partir d’une distance de cinq miles nautiques de la ligne de base. Mais dans les faits, la situation est différente. Selon des pêcheurs artisans rencontrés, ces navires violent régulièrement les distances qui leur sont allouées. « Les chinois entrent où les petits pêcheurs entrent », souffle Raphaël, qui revient tout juste d’une virée en mer. Dans sa petite pirogue en bois, des machoirons encore vivants sautillent. Après cinq heures à pagayer, le jeune homme âgé de 22 ans ramène une cuvette de poissons qui attire déjà la clientèle.

« Les chinois enlèvent tout. Ils ont de grands bateaux. Ils gâtent le marché. Les chinois ramassent même nos filets », reprend le pêcheur, le regard rivé sur sa cargaison. À six reprises, ces navires ont détruit ses outils qu’il estime à 90 000 Francs CFA la pièce. Raphaël n’a jamais porté plainte. « Le pêcheur est vu comme un illettré... La honte et le simple fait de ne pas savoir s’exprimer, justifie Adrien Edongue qui a aussi perdu des filets et n’a pas non plus porté plainte. Comment se placer devant les autorités? » Certains pêcheurs expliquent recevoir des menaces des forces de sécurité qui assurent la surveillance à bord de ces navires industriels.
Un milliard de Francs CFA d’amende
En 2023, face à « l’incapacité des autorités camerounaises » à assurer un contrôle adéquat de la flotte de pêche nationale et à prendre des « mesures correctives nécessaires à l’arrêt et à la prévention » des activités de la la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (Inn), la commission de l’Union européenne (UE) a recensé le Cameroun comme un pays non coopérant dans la lutte contre la pêche INN en lui adressant « un carton rouge », interdisant ainsi l’importation des produits halieutiques camerounais dans l’UE, « même lorsqu’ils sont accompagnés de certificats de capture validé par les autorités nationales ».
En décembre 2024, pour la première fois en trente ans, le Cameroun a promulgué une nouvelle loi régissant la pêche et l’aquaculture. Dans ce nouveau texte, les amendes et peines d'emprisonnement ont été renforcées. En cas de pratique de la pêche industrielle sans agrément, sans licence ou dans la zone des cinq miles nautiques par exemple, les personnes incriminées risquent entre deux et 10 ans de prison et jusqu’à un milliard de francs CFA d’amende. Dans l’ancienne loi, la contravention maximale était de 100 millions de Francs CFA.
À la délégation régionale de l’élevage, des pêches et industries animales du Littoral, le Docteur Nenwala Djidimbele reconnaît que les pêcheurs artisans sont « souvent victimes de la destruction de leurs engins par les pêcheurs industriels ». Selon le chef de service régional des pêches, de l’aquaculture et des industries halieutiques, chaque année, une dizaine de plaintes est déposée. Un chiffre bas comparé aux plus de 2000 petits pêcheurs de la région— la majorité étant des étrangers.
« Quand le bateau du chinois détruit l’engin, le filet du pêcheur artisan sur le plan d’eau, le pêcheur artisanal introduit une plainte à notre niveau. Je convoque l’armateur de la société de pêche », précise Dr Nenwala Djidimbele.
La difficulté principale reste la localisation du lieu de l’incident. Si dans de très rares cas certaines victimes enregistrent des vidéos, ce qui avance l’enquête et leur permet d’être indemnisées, l’écrasante majorité est incapable de situer le lieu de l’action. Sans données géographiques et preuves, les pêcheurs chinois ne sont pas inquiétés. Ce qui renforce le sentiment d’impunité perçu au sein de la communauté des pêcheurs artisans. « On se plaint des chinois. À la police, il n’y a pas de suite », dénonce Aubin Moussi du haut de son mètre 82.
Insecticide et pesticide
À 28 ans, ce pêcheur de l’île de Manoka a vu ses gains chuter du fait de cette situation mais aussi des changements climatiques, dit-il. Avant, en deux jours de pêche, Aubin gagnait 10 000 Francs CFA après déduction de tous les frais. Aujourd’hui, il gagne 8 000 Francs les meilleures périodes et moins la plupart du temps. Chaque mois, il peine à payer le loyer de son studio en planches et a souvent recours aux prêts. Il n’est pas le seul dans cette situation.
Avec cinq enfants à sa charge, Mbongo, spécialisé dans la pêche de crustacés, ne parvient plus à prendre soin de sa famille. « Le climat n’est pas bon. Il n’ y a plus de poissons. Nous n’avons pas de travail », désespère ce quinquagénaire qui revient d’une partie de pêche et observe les crabes se débattre dans sa pirogue. À quelques mètres de lui, Jean, 29 ans, se remémore les bons moments. À l’époque où en une semaine en mer, il gagnait entre 200 000 et 250 000 Francs CFA contre 80 000 Francs CFA environ aujourd’hui. « Comme c’est le seul métier qu’on a, impossible d’abandonner même si c’est difficile… », dit-il, résigné.
Pris entre ces différentes situations, beaucoup se lancent dans de mauvaises techniques de pêche. Pour gagner plus d’argent, ces pêcheurs utilisent des produits chimiques afin de tuer les poissons. La Gamaline pulvérisée dans les champs de cacao et jardins maraîchers est la plus citée. Lorsque le poisson hume l’odeur ou avale cet insecticide, il meurt asphyxié. « C’est un produit liquide qu’on verse dans de l’eau, confie Guillaume et pêcheur depuis plus de quatre décennies, assis dans un coin du débarcadère de Youpwé. Tu tournes l’eau avec la pagaie. Quand le poisson aspire l’odeur, ça monte pour respirer. Ça entre dans le filet ».
Jusqu’à la mort de son grand-frère et partenaire de pêche dans un accident de voiture en 2019, cet homme âgé de 58 ans, assure avoir utilisé le Thionex, un pesticide hautement toxique. « Ça tuait le lamantin », se souvient-il. D’après ses explications, la technique d’utilisation est rodée. Car si le dosage est élevé, la décomposition du poisson rend sa vente difficile voire impossible. Avec la pratique, les pêcheurs apprennent et se font la main.
« Beaucoup d’argent »
Ils ciblent le plus souvent les criques et y placent leurs filets. Tout en pagayant, ils déversent le produit sur une partie de la surface de l’eau. Une fois la tâche achevée, le pêcheur patiente. « Tu sens comment le poisson est en train de se battre dans le filet. Ça fait des bruits, précise Guillaume. Dès que vous finissez, vous enlevez le poisson. Vous le lavez bien ». Une activité illégale qui rapporte « beaucoup d’argent ».
« Je pars en mer, je ramène au moins trois caisses de poissons. Au moins 800 000 – un million de Francs CFA. Je me retrouve avec 300 000 Francs CFA », savoure encore Guillaume qui s’exprime au présent comme s’il n’avait jamais abandonné. Mais très vite, il le concède: les poissons morts invendables et abandonnés dépassent « 1000 fois » ceux vendus. « La gamaline est une substance toxique. Ça ne va pas seulement contaminer le milieu. Ça va contaminer tout l’ensemble du système», prévient François Loïc Nlebe Evagle, ingénieur des travaux halieutiques rencontré au centre de pêche de Youpwé.
« Ces produits ne font pas le tri. Ça tue toutes les espèces » de poissons y compris les adultes, ceux en cours de reproduction, les œufs et juvéniles, renchérit près de lui son collègue qui souhaite garder l’anonymat. D’après ce jeune ingénieur qui se présente aussi comme un environnementaliste marin, ces toxines détruisent le poisson et la biodiversité du milieu: les espèces aquatiques, végétales et animales, dénaturant ainsi la zone. « On se rend compte qu’il y a des substances ayant une grande concentration en certains organismes qui vont booster la croissance de certaines plantes », poursuit-il.
Cette nouvelle apparition va alors détruire toute la chaîne alimentaire de l’endroit. A l’avenir, les espèces qui vivaient dans ces lieux vont manquer de quoi se nourrir, se reproduire et même se développer. Lorsque le pêcheur reviendra au même endroit, il constatera « qu’il n’ y a plus d’espèces », ajoute l’ingénieur anonyme. Au-delà du milieu marin, l’homme, consommateur final, est également susceptible de subir les conséquences par effets de bioaccumulation et de bioamplification, souligne son voisin. Les poissons qui ne vont pas mourir vont « naturellement accumuler les toxines ». Ces poissons et ceux morts seront plus tard consommés par des hommes, d’où la bioamplification. « L’homme qui va manger va juste écoper des maladies (…) D’où les cancers, les maladies cardiovasculaires », déplore François Loïc Nlebe Evagle.
Surveillance
Si les pêcheurs rencontrés jurent ne pas pratiquer ou avoir abandonné cette méthode, tous assurent que des insecticides, pesticides et autres herbicides continuent d’être déversés pour tuer les poissons. « On travaille avec ceux qui utilisent les remèdes, la gamaline », avoue Adrien Edongue qui trouve régulièrement des poissons morts flottant sur la surface de l’eau. À la délégation régionale de l’élevage, des pêches et industries animales, les autorités assurent n’avoir pas encore compilé les statistiques sur cette pratique qui « n’est pas répandue ».
Le plan d’eau étant vaste, elles assurent que les moyens manquent pour la surveillance de l’ensemble de la surface. Mais certains pêcheurs sont interpellés. « Vous mettez la main sur quelqu’un, vous l’emmenez au niveau des juridictions compétentes. Peu de temps après vous le retrouvez dehors », s’alarme Dr Nenwala Djidimbele. Parfois dit le chef de service régional des pêches, de l’aquaculture et des industries halieutiques, ils font appel à d’autres administrations qui font aussi la surveillance: « ils arrivent sur le site. Parfois ils trouvent. Ils font des arrangements. Le Minepia local n’est même plus informé ».
Une corruption qui pénalise l’ensemble des acteurs. Car ces méthodes prohibées couplées aux changements climatiques et autres difficultés, affectent les stocks et pénalisent l’ensemble de la filière. Dans les dédales du nouveau marché aux poissons de Youpwé, les commerçants font face à la rareté et l’augmentation du prix d’achat du poisson. Du jamais-vu, s’écrie Gertrude Foka. Cette coquette quinquagénaire aux ongles vernies de rouge vend du poisson depuis un quart de siècle.


« Notre gain a chuté de moitié » tandis qu’au même moment, les prix d’achat ont doublé, résume-t-elle. Avant, cette mère de trois enfants et six fois grand-mère achetait par exemple un brochet à 10 000 Francs CFA. Aujourd’hui, il lui faut débourser minimum 20 000 Francs CFA pour la même quantité. Et après deux à trois jours de vente infructueuse, Gertrude Foka est souvent obligée de le brader « à perte ». En face d’elle, Dorcas Takam, foulard noir noué sur la tête, tente de convaincre une cliente qui souhaite acheter un de ses brochets à 20 000 Francs CFA.
Espoir
« Je l’ai acheté à 25 000 Francs », tente de convaincre la commerçante. L’acheteuse, pull à capuche porté par-dessus une robe à pois, tourne et retourne le poisson, hésite, puis propose à voix basse: « j’ai 22 000 Francs». Dorcas observe tour à tour la dame, son brochet et secoue négativement la tête. « C’est un marché qui donnait avant. Maintenant, il y a la chute partout », grogne celle qui vend carpes, machoirons, dorades et autres espèces depuis 23 ans.


Quelques comptoirs plus loin, Bertrand Olomo, 20 ans de métier au comptoir, semble sonné par la situation. Le délégué du Groupement d’initiative commune (Gic) des « écailleurs de poissons » n’a plus « assez de travail ». « On ressent la rareté. Il n’y a pas de poisson », murmure cet homme de 52 ans. Malgré les difficultés, il persévère, en espérant un changement futur.
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Même attitude du côté des pêcheurs qui lâchent régulièrement un « arrêter pour aller où » rageur. « On ne peut pas abandonner la pêche parce que c’est le seul métier que les pêcheurs ont… L’eau est leur part d’école, de bureau », insiste Emmanuel. « On supporte avec espoir que demain sera mieux », conclut Adrien Edongue. Près de lui, ses collègues opinent du chef.
Josiane Kouagheu