Cameroun: à Douala, la lutte « perdue » contre la jacinthe d’eau
« Cancer », « diable », « oreilles du port », « malédiction »…des pêcheurs et habitants racontent une bataille sans fin contre cette plante envahissante qui obstrue les voies maritimes, bloque les déplacements ou encore détruit le milieu aquatique.
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Henri Ngando peut passer des heures à parler des « oreilles du porc ». Infatigable, l’homme âgé de 39 ans raconte avec colère et résignation sa longue bataille entamée depuis de nombreuses années contre la jacinthe d’eau, cette plante envahissante qui prolifère dans de nombreux cours d’eau au Cameroun. À Djébalè, petite île située dans le quatrième arrondissement de Douala, la capitale économique du pays, les entrées des villages sont souvent bloquées, les criques obstruées, une partie de la surface d’eau rongée… par l’Eichhornia crassipes, de son nom scientifique.
« C’est un combat que nous ne pouvons mener », avoue Henri, barbe de plusieurs jours, venu vendre des carpes, mâchoirons et bossus au marché aux poissons de Bonassama, chef-lieu de la circonscription, situé à une quelques minutes à pirogue. Le pêcheur et agriculteur explique que ses filets s’entremêlent parfois aux racines de ces « oreilles du porc » —nom donné par les habitants du fait des branches de la jacinthe— et sont détruits ou emportés. Le jeune homme est alors obligé de renouveler son matériel.
« Trop beaucoup »
« Ça nous menace énormément. C’est une plante qui dérange. Au fur et à mesure qu’on coupe, ça se reproduit. Au fur et à mesure, rage-t-il. Ça revient toujours. C’est trop beaucoup. Il n’y a pas de suivi. » Henri jette un regard sur la rive où sa barque de fortune et plusieurs autres sont amarrées près des touffes de jacinthe échouées au bord de l’eau. Ngando n’est pas le seul touché.
Dans les quartiers des communes d’arrondissement de Douala 2ème, 4ème, 5ème, 6ème, affectées par l’invasion, des pêcheurs et habitants vivant ou travaillant le long du fleuve Wouri d’une longueur de 160 kilomètres, ainsi que des Organisations non gouvernementales racontent leur combat sans fin contre ce « diable », cette « malédiction », ce « cancer », cette salade d’eau encore appelée camalote, aux belles fleurs bleu-violet.
D’après le docteur Ndongo Din, la jacinthe d’eau a été introduite au Cameroun comme plante ornementale dans les années 1900. « Elle s’est rapidement échappée des jardins et a colonisé les écosystèmes aquatiques », explique à Agripreneurs d’Afrique l’enseignant de l’université de Douala. Pour le stratège en développement durable qui a effectué de nombreuses recherches sur la question ainsi que sur la mangrove, sa prolifération a été et reste rapide en raison des facteurs tels sa reproduction végétale rapide, sa capacité à absorber les nutriments dans l’eau, l’absence de prédateurs naturels, les changements climatiques et la pollution de l’eau.
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« L’invasion de la jacinthe d’eau a des conséquences graves », regrette Dr Ndongo Din qui cite, entre autres, la perturbation des écosystèmes aquatiques, la perte de biodiversité, l'impact sur la pêche et l'aquaculture, des problèmes de navigation et d'irrigation et des risques pour la santé humaine. Fleuves Moungo, Nyong, Wouri, lacs Lagdo, Dang… à travers le pays, la plante colonise les cours d’eau et détruit la vie aquatique avec des conséquences graves sur la vie des populations.
Baisse de 60% de pêcheurs
Dans une étude parue en 2019 dans African Journal of Aquatic Science, une équipe de chercheurs ont interrogé des habitants de 25 villages situés le long du fleuve Wouri et affectés par la jacinthe d’eau: pêche, transport, extraction de sable. 80% des personnes interviewées ont déploré les conséquences négatives de cette invasion. Bien plus, les scientifiques ont noté une chute de 60% de la présence des pêcheurs dans ces zones et une réduction de 76% des poissons capturés.
« Avant l’invasion, les hommes avaient l'habitude d'aller à la pêche régulièrement (quatre à six fois par semaine), mais après l'invasion par la jacinthe d'eau, ils y allaient trois fois par semaine ou moins », soulignent les chercheurs. Les extracteurs de sable ont également déserté les lieux (passant de 15 à 8 pirogues) car l’activité devenait dangereuse du fait de la présence de l’Eichhornia crassipes.
Au niveau du transport, l’étude révèle que la durée des déplacements s’est allongée, les passagers ont diminué et les voies navigables vers certains bourgs ont été « totalement coupées par la jacinthe d’eau et il était impossible d'accéder à ces villages par la rivière ». Au-delà de ces conséquences, les répondants ont surtout déploré l’impact de cet envahissement sur leur santé avec une augmentation selon certains du taux de prévalence de certaines maladies: paludisme, diarrhée, gale (démangeaisons).
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« Des mesures appropriées pour réduire la propagation de la jacinthe d'eau doivent être introduites et mises en œuvre pour assurer la stabilité économique des communautés et de l'environnement », concluaient les scientifiques.
Six ans plus tard, la situation n’a pas changé. « La jacinthe se multiplie. C’est comme un cancer », soupire William Lemnyuy. Dans son bureau, le délégué départemental de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable pour le Wouri dresse le bilan d’une lutte difficile voire impossible à long terme du fait des méthodes utilisées à ce jour. Car les moyens financiers et techniques manquent pour faire face à cette plante « non désirable » gourmande en oxygène qui appauvrit l’eau de ses nutriments.
Dépenses
« Ça empêche la luminosité d’entrer dans l’eau en plus du fait que ça réduit déjà l’oxygène », explique M. Lemnyuy qui travaille sur la question depuis sept ans. Selon cet ingénieur des techniques industrielles, cet envahissement sous forme de tapis végétal dense bloque la diffusion de l’air causant des conditions anaérobiques directement préjudiciables pour les macro-faunes et micro-faunes aquatiques. « C'est-à-dire le poisson, les plantons. La vie aquatique est sérieusement affectée parce que pas d’oxygène. »
Une situation qui pénalise les populations et les pêcheurs. « L’impact est une évidence. Je ne peux pas rester où il n ' y a plus de poissons, lâche Saibou Hamidou Balak, rencontré au bord de l’eau au Bois des singes, quartier du 2ème arrondissement de Douala. Ça va engendrer le déplacement, les dépenses.» À force de sillonner les cours d’eau à travers le Cameroun, cet homme âgé de 52 ans « né dans la pêche » comme il le dit avec fierté a fini par devenir malgré lui un spécialiste de la jacinthe.
Il a découvert cette « étrange » plante pour la première fois dans son Extrême-nord natal, alors qu’il recherchait du poisson dans divers fleuves et rivières. Très vite Hamidou Balak constate l’invasion de cette salade d’eau qui se développe à grande vitesse, coupe la voie et grignote une partie du fleuve qui disparaît sous ses yeux. « C’est devenu habitable alors que c’était une partie du fleuve où l’on pêchait », s’étonne-t-il encore.
Hamidou Balak migre à Douala et rencontre une fois de plus… la jacinthe d’eau. « Ça devient un phénomène qui ne permet plus le bon vivre de l’écosystème marin. Le poisson meurt ou se déplace », peste-t-il en pointant du doigt un tapis vert de camalote près des pirogues amarrées. Au début, Hamidou les découpait mais il a fini par se décourager. Désormais lorsqu’il croise « une marée de jacinthe », il contourne l’espace s’il le peut ou va pêcher ailleurs.
À Bonassama, Garba Issa affronte régulièrement le « diable ». Armés de machettes, son coéquipier et lui néttoient pour se créer un passage ou lancer leurs filets dans les criques. Ça leur prend généralement entre 30 minutes et cinq heures, allongeant ainsi leur période de pêche. « On découpe tous les jours, précise ce pêcheur âgé de 38 ans aux traits tirés après une matinée à la quête de poissons. On est obligés de couper pour avoir l’espace. Il y a ça partout jusqu’à Yabassi. »
Pollution de l’eau
Au début, Garba pensait qu’après un nettoyage de plusieurs heures par exemple, le lieu serait débarrassé pour toujours de cette « malédiction ». Il a très vite déchanté car au bout de quelques mois, la nouvelle invasion dépassait généralement l’initiale. « Qui peut enlever ces herbes? Il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup, se désespère le trentenaire. Si tu prends une petite branche tu mets dans un cours d’eau, dans un an ou quelques mois, tout est recouvert de cette plante. »
Pour Garba, « jamais » la jacinthe ne disparaîtra. Au niveau du Lac Tchad où il a débuté la pêche, il avait été excédé par cet envahissement qui détruisait ses filets et matériels de pêche. Il pensait trouver un répit à Douala. « Tous les pêcheurs vivent ça », se résigne-t-il aujourd’hui, regard tourné vers des dizaines de touffes de jacinthe que la marée fait défiler ce matin-là sur le Wouri qui s’étend à perte de vue.
« Ça va disparaître quand la pollution va disparaître. On n’a pas encore de solution pour la pollution parce que beaucoup d’industries ne traitent pas leurs déchets », explique Napoleon Chi Forpah, coordinateur de l’Ong Watershed Task Group (WTG), qui fait la visite au pont sur la crique Lobe à Sodiko, un autre cours d’eau mangé par la jacinthe.
Napoleon Chi Forpah, coordinateur de l’Ong Watershed Task Group (WTG). : Photo: Josiane Kouagheu/ Agripreneurs d'Afrique
Cet environnementaliste a commencé à s’intéresser à l’Eichhornia crassipes en 2006. À l’époque, il obtient un financement de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour lutter contre la déforestation des mangroves à Bonendale, un quartier voisin de Sodiko.
Mais sur les lieux, « les gens nous disaient que “c’est vrai qu’on a un problème avec la mangrove mais il y a une nouvelle plante qui a colonisé toutes nos eaux et c’est même ça qui fait fuir nos poissons” », se souvient cet enseignant de l’université de Dschang, à l’ouest du Cameroun. « Parce que là où il y a la jacinthe il y a zéro poisson et même la navigation, ça pose problème. »
Pressé par les habitants, Napoleon Chi sollicite l’aide d’ingénieurs agronomes et investit une partie de son financement dans ce nouveau problème.
« Un cercle vicieux »
Grâce à des analyses en laboratoire, ils fabriquent du compost à base de jacinthe d’eau. Le produit séduit et la population adhère. Des femmes de Bonendale cultivent tomates, poireaux, persils… avec cet engrais naturel. Bien plus, des artistes sont inclus et fabriquent des objets d’art à base de la plante. « On a démontré qu’avec la jacinthe d’eau, on transforme le diable en ange », sourit encore M. Chi.
En 2010, WTG est même sollicitée par le ministère de l’environnement pour la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre les plantes envahissantes comme la jacinthe d’eau. Des financements suivent et finissent par tarir. Et le « diable » continue de gagner du terrain. « C’est comme un cycle vicieux », reconnaît Napoleon Chi qui explique que l’eau continue d’être polluée en nutriments qui accélèrent la poussée et la prolifération de la jacinthe.
Pour le coordinateur, les habitants installés le long des cours d’eau y déversent leurs déchets, excréments et boues de vidange. « Mais le plus dangereux c’est l’abattoir. La mairie de Douala 4 a le plus grand abattoir d’Afrique centrale. On y tue au moins 250 bœufs par jour, dit-il. Les déchets, les entrailles, sont balancés et quand il pleut, tout ça est déversé dans l’eau et ça vient enrichir le milieu. »
En ce dimanche pluvieux d’octobre, Napoleon va et vient sur le pont, regard rivé aux tapis verts qui parsèment le cours d’eau. Il nous promène d’un point à l’autre, s’arrêtant ici et là pour pointer à l’horizon un passage bloqué par la jacinthe ou encore les bordures de la crique récemment nettoyées grâce à un financement de la mairie de la ville qui court jusqu’au 25 novembre 2025.
David Epée est le coordinateur des récoltes des lieux. Cet affable pêcheur à la barbe grisonnante mène une guerre contre cette salade d’eau depuis 20 ans. À l’époque, ses parties de pêche étaient freinées par cette plante. Lorsqu'il entend alors parler du lancement du projet de la lutte contre la jacinthe, il se porte volontaire. « D’abord pour préserver l’écosystème maritime parce qu’étant un pêcheur né, précise le quinquagénaire assis à l’ombre des bananiers. Depuis l’arrivée de la jacinthe d’eau, la production du poisson a diminué drastiquement. »
Villages abandonnés
M. Epée a travaillé et coordonné les récoltes dans la majorité des communes de la ville et de la région victimes de cette invasion. En 14 ans, il a nettoyé des dizaines d’hectares de surfaces d’eau colonisées et éprouvé de nombreuses méthodes: « griffe de Goliath » (fer adapté muni de cordes permettant de tirer la jacinthe de l’eau), machettes, fourches… Mais ses victoires ont toujours un goût amer du fait de la rareté et courte durée des projets qui n’excèdent pas trois mois en général.
« Il y a des années où il n’y a même pas de projets, s’exclame David Epée, dépité. Après le nettoyage de trois mois, six mois après ça revient. Donc si on fait deux ans sans travailler, imaginez... La quantité! » Le financement manque le plus. D’après William Lemnyuy, le délégué départemental de l’environnement, seule la mairie de Manoka (Douala 6) a par exemple reçu un financement de 20 millions de Francs Cfa en 2025. Ce qui signifie que les autres communes devraient puiser dans leurs fonds propres ou laisser la plante prospérer.
Pour sa sainteté d’esprit, David Epée a d’ailleurs cessé de noter les conséquences tant elles sont nombreuses. Le pêcheur prend en exemple la commune de Bonaléa, plus particulièrement « le pont Fiko », où la crique est bloquée. « Il n' y a plus d’habitants… à cause de la jacinthe », souffle-t-il, avec peine. Le coordonnateur qui a travaillé dans cette zone du temps des financements explique que ces habitants n’ont qu’un « seul passage, le passage d’eau ».


Après leurs récoltes ou vignes, ils revenaient généralement vendre leurs produits à Douala, à bord de leurs pirogues. Ou rendre visite à leurs proches. « Imaginez que la crique soit fermée à cause de la jacinthe d’eau ! Ils ont abandonné carrément leurs villages. »
Soudain, David ne peut plus faire le brave: « je n’ai que les yeux pour pleurer parce que je n’ai pas de moyens. Si j’étais à la place du gouvernement, je déciderai que ce soit une lutte permanente. » Si non, souligne-t-il, la bataille est « perdue d’avance ».
Le Port autonome de Douala (PAD) l’expérimente au quotidien. Depuis plusieurs années, le plus grand port du pays se bat contre le « diable ». En septembre 2020 par exemple, l’institution portuaire annonçait fièrement sur sa page Facebook avoir acquis le faucardeur, « la mangeuse de jacinthe », un bateau constitué d’un râteau monté sur deux bras mobiles à l’avant permettant de couper les végétaux présents sur les plans d’eau portuaires.
Le Port de Doula affecté
Cinq ans plus tard, le « cancer » et ses métastases n’ont pas cessé leur progression. Au contraire. Début 2025, le PAD lançait un appel en vue du recrutement d’un cabinet chargé de réaliser une étude sur la « prolifération et la dissémination de la jacinthe d’eau » avec pour objectif principal de « trouver des solutions précises pour l’éradication complète de la jacinthe d’eau et de toutes les autres plantes aquatiques » qui affectent la navigation des bâteaux. Une situation qui ne faiblit pas.
Près de 20 ans après le lancement de la lutte, environ 280 hectares de jacinthe d’eau ont été récoltés dans les communes de Douala 4ème et Douala 5ème, ce qui est largement inférieur aux quantités qui avalent les cours d’eau chaque jour car d’après les statistiques, 10 plants de jacinthe peuvent générer 655 330 nouvelles plantes en huit mois seulement. « Cette façon de récolter était juste pour soulager », reconnaît aujourd’hui le délégué. « On récolte une partie parce qu’on veut juste récolter avec l’argent qu’on a donné. »
William Lemnyuy a pris conscience que les actions mises en place au fil des années par le gouvernement n’ont pas porté de fruits pour plusieurs raisons: manque de coordination (différente période) entre les communes et Port lors des récoltes; arrachage manuel non permanent et incomplet; collecte effectuée par les habitants, pêcheurs et artisans sans expérience à la matière; travail bâclé à cause de la méfiance et peur des serpents et autres animaux aquatiques dangereux…
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Pour lui, seule une lutte mécanique, avec l’achat de deux récolteuses, appareils permettant une « récolte massive » pourra retarder la propagation de la jacinthe d’eau. En septembre 2023, il a conçu le « projet de gestion intégrée de la jacinthe d’eau dans les communes d’arrondissement de Douala 4ème et 5ème ».
Solution biologique
D’un montant de 220 millions de Francs Cfa, ce projet a, entre autres, pour objectifs de créer une « véritable chaîne de valeur de la valorisation » de la jacinthe d’eau pour la production de compost, du biogaz et des œuvres d’arts ; la mise sur pied d’une synergie d’action entre les acteurs (la société civile, le Port Autonome de Douala, les mairies d’arrondissements et les société privés); l’amélioration de la gestion des déchets ménagers dans les sites proches des cours d’eaux et difficile d’accès. William Lemnyuy n’a jamais reçu le financement requis.
« Le fait d’enlever, déraciner carrément a quand même un impact », avance Reine Djeumen, chef de bureau des inspections et des évaluations environnementales à la délégation départementale de l’environnement du Wouri, qui insiste sur la sensibilisation de la population sur les effets néfastes de la pollution. « À la longue, il faudra penser à des méthodes biologiques. » D’après les experts rencontrés et interrogés, les méthodes manuelles ou mécaniques retardent certes momentanément l’avancée du « cancer » sans toutefois l’éradiquer. Et dans le Wouri, la constante pollution de l’eau rend la bataille plus incertaine.
La méthode biologique semble alors l’option la plus envisageable et capable de venir à bout de la jacinthe d’eau. Le pays compte un exemple de réussite. Pendant une décennie, le lac Ossa situé dans le Littoral a été envahi par la Salvinia Molesta, une autre plante envahissante originaire du Brésil. Mais dés 2021, l’association camerounaise African Marine Mammal Conservation Organization (AMMCo) y a engagé avec succès une lutte biologique à l’aide d’un charançon importé des Etats unis.
« Des recherches sont en cours pour développer des méthodes similaires contre la jacinthe d'eau, notamment l'utilisation de Neochetina spp., un genre de charançons qui se nourrit de jacinthe d'eau », confie le docteur Ndongo Din qui précise qu’il est « essentiel » de poursuivre les travaux, les efforts de sensibilisation pour lutter contre la jacinthe d'eau et la collaboration entre les scientifiques, les décideurs et les communautés locales pour trouver des solutions durables.
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En attendant, les habitants et pêcheurs affectés se débrouillent comme ils peuvent. Certains comme Issa Garba se tournent vers le ciel, dans l’espoir d’un miracle. « On est là avec notre Dieu », dit ce pêcheur en secouant sa tête habillée de bonnet. À Sodiko, certains habitants vivent au rythme des nettoyages, accueillant les rares périodes de récoltes avec joie. « La propriété qu’ils font de temps en temps nous aident beaucoup », soupire Aïcha Machia Moutang, habitante de ce quartier depuis 30 ans. « Plus de propreté, moins de moustiques et serpents. »
Josiane Kouagheu