Docteur Nenwala Djidimbele: « les pêcheurs artisans se retrouvent victimes de la pêche industrielle »
Plus de 2000 pêcheurs artisans exercent dans la région du Littoral camerounais. À bord de leurs embarcations en bois, ils vont à la chasse aux mâchoirons, carpes, bars, brochets, crustacés et autres espèces aquatiques. Non sans difficultés.
Certains se plaignent de la destruction de leurs pirogues par les navires industriels. D’autres évoquent la rareté des poissons ou encore l’impact des effets liés aux changements climatiques. Pour survivre, une partie se lance dans de mauvaises pratiques de pêche en utilisant des insecticides, pesticides et autres produits chimiques afin de piéger et tuer des poissons. Avec des conséquences sur le milieu marin et, l’homme, consommateur final.
Docteur Nenwala Djidimbele, chef de service régional des pêches, de l’aquaculture et des industries halieutiques à la délégation régionale de l’élevage, des pêches et industries animales du Littoral, dresse l’état de la situation dans la région.
Agripreneurs d’Afrique: En 2023, face à « l’incapacité des autorités camerounaises » à assurer un contrôle adéquat de la flotte de pêche nationale et à prendre des « mesures correctives nécessaires à l’arrêt et à la prévention » des activités de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, la commission de l’Union européenne a recensé le Cameroun comme pays non coopérant en lui adressant « un carton rouge » interdisant ainsi l’importation des produits halieutiques camerounais dans l’UE. De quoi s’agit-il concrètement?
Docteur Nenwala Djidimbele: Il y a eu des bateaux qui ont mené des activités au nom de certaines sociétés de pêche industrielle dans nos eaux. Ces navires sont partis du Cameroun pour d’autres pays sans toutefois être radiés du fichier national des navires de pêche.
On considère que ces navires continuent à mener des activités de pêche sous pavillon camerounais. C’est ça qui a causé le problème de carton rouge dont on parle depuis 2024. Mais depuis son avènement, le gouvernement camerounais à travers le ministère technique s’est donc mis au travail pour identifier tous ces navires. L’opération de radiation a été faite.
Ce problème laisse croire que le pays ne combat pas la pêche illicite, la pêche non déclarée. Il y a des manquements liés à certains facteurs. Les conditions qui ne sont pas réunies. Je prends par exemple ce cas où les pêcheurs artisans se plaignent souvent que les navires de pêche chinois se retrouvent dans leurs zones de pêche et leur causent beaucoup de tort.
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Je prends aussi en exemple le fait que certains navires de pêche se retrouvent en train de mener des activités dans les eaux intérieures, dans les criques et parfois au niveau du chenal. Mais notre loi prend acte de tous ces faits. Tant que le contrevenant est saisi, il est appelé à être sanctionné voire même à payer des pénalités. Des amendes.
Ces pêcheurs artisans disent que leurs plaintes contre les pêcheurs industriels ne sont pas pris en compte…
Ces catégories de pêcheurs sont souvent victimes de la destruction de leurs engins par les pêcheurs industriels. Nous recevons les plaintes. Nous ne sommes pas sur les plans d’eau. Je prends en compte ce que la victime dit, me présente comme rapport de destruction. Je convoque l’armateur [camerounais] de la société d’appartenance du navire chinois.
Même si le navire appartient à un chinois, dès qu’il signe le contrat d'affrètement, c’est comme s’il était devenu un navire de la société de pêche industrielle camerounaise. Quand le bateau du chinois détruit l’engin, le filet du pêcheur artisan sur le plan d’eau, le pêcheur artisan introduit une plainte à notre niveau, je convoque donc l’armateur de la société de pêche. Il vient, il prend connaissance de la plainte. S’il y a des preuves tangibles, je demande à l’armateur d’aller voir son partenaire chinois pour qu’on indemnise le pêcheur victime.
Dire donc qu’ils pêchent dans les zones dédiées aux pêcheurs artisanaux…
Je ne dis pas que les chinois pêchent en violation des zones de pêche. L’ancienne loi de 1994 limite les activités des bateaux de la pêche industrielle à 3000 marins de la côte. C’est à dire que quand vous êtes au niveau de la côte pour aller en mer, sur une distance de 3000 marins [Selon la nouvelle loi, la zone quittant de la côte jusqu’à 5000 nautiques est consacrée aux activités de la pêche artisanale], les bateaux de chinois ne doivent pas mener des activités à l’intérieur de cette zone-là. Les pêcheurs artisans dans cette ancienne loi de 1994 n’avaient pas de limites, il y avait un vide juridique à ce niveau.
Donc si je suis pêcheur artisan et que mon embarcation me permet d’aller un peu plus en profondeur, d’aller en mer, je me retrouve là où les bateaux de la pêche industrielle mènent leurs activités. Durant leur va-et-vient, ils prennent par moments les filets de ces pêcheurs artisans.
Quand ils se retrouvent ainsi, ils disent qu’ils ont pêché en violation des zones de pêche. Mais ils n’ont pas les coordonnées, les positions GPS exactes qui montrent que le pêcheur industriel a mené des activités à l’intérieur des zones qui leur sont interdites. Il n’y a pas une preuve tangible avec les données parce que le pêcheur n’a pas pas ce matériel.
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Un exemple palpable. Mon chef de centre de pêche de Yoyo a eu à relever ce genre de données. Je les ai envoyés dans un centre de traitement. Il [pêcheur artisan] disait que là où il avait pris la position du navire industriel, qu’il [pêcheur industriel] était en zone interdite. On est allés trouver que le navire était légèrement au-dessus de 3000 marins. Pour vous dire que comme ils n’ont pas de limites, parfois ils se retrouvent légèrement au-dessus de la zone de 3000 nautiques où les bateaux de pêche industriels naviguent.
Parfois, ce sont les longs filets de 500 mètres qui ne sont pas balisés. En mer il y a des signes qui montrent qu’il y a telle chose ici. Telle chose là. Ça permet aux capitaines des navires de pêche industrielle de voir et d’esquiver ce genre d’installation.
Même en pleine nuit, ça émet la lumière pour signifier au capitaine qui est en train de venir qu’il y a telle chose. Cela veut dire que le capitaine, dans sa course, passe au milieu comme s’il n’y avait rien alors que le filet est mouillé là. Ce sont des cas comme ça: les pêcheurs artisans se retrouvent victimes de la pêche industrielle.
Mais il faut reconnaître une chose, depuis qu’on a commencé à mettre les forces de maintien de l’ordre à bord des navires de la pêche industrielle, le corps devait donner des coups de main dans la résolution de ce genre de conflits. Parfois ils [pêcheurs artisans] sont menacés par ces militaires à bord, les éléments de la marine nationale qui assurent leur sécurité. Ils ont aussi raison quelque part parce qu’on ne connaît pas les limites.
Combien de plaintes de pêcheurs artisans recevez-vous?
Chaque année, au moins une dizaine. Toutes les plaintes concernent la destruction de filets avec les accessoires: les flotteurs, les plombs… Dans la plupart des cas, là où les preuves sont tangibles, là où il y a des images, parfois les vidéos, les amateurs arrivent à les indemniser même si le montant n’atteint pas souvent ce qu’ils sollicitent dans leurs plaintes.
Certains, pas tous les plaignants, ont bénéficié des frais de dédommagement de la part des armateurs. Il y a ceux qui sont compréhensifs quand ils voient que les preuves reflètent un peu la réalité, ils partent négocier ces montants auprès de leurs partenaires chinois.
Quelles preuves concrètes apportent ces pêcheurs artisans?
Il y a des pêcheurs qui vont en mer avec leurs smartphones. Parfois ils font des vidéos. Mais cela ne veut pas toujours dire que ces vidéos reflètent ce qui s’est passé. On peut s’approcher d’un navire de pêche industriel en activité et on commence à prendre les images. La prise d' images avec les commentaires. Vous avez l’impression que c’est un fait réel. Parfois c’est aussi un montage puisque ce qui nous embête c’est que chaque année ce sont les mêmes noms qui reviennent alors qu’il y a plus de 2000 pêcheurs artisans sur le plan d’eau.
Certains pêcheurs interrogés par Agripreneurs d’Afrique évoquent la peur, la honte de ne pas savoir comment s’exprimer devant les autorités…
Je ne rejette pas cette remarque puisque les collaborateurs qui sont au niveau des centres de pêche, qui sont en contact avec eux, disent que d’aucuns laissent tomber parce qu’ils ne savent quoi faire, où commencer. Mais chaque année, vous allez voir que ce sont les mêmes visages.
Je dis donc que si vous partez du fait que nous sommes 500 [pêcheurs] dans une zone, chaque fois on vient seulement agresser une famille ou deux. Chaque fois et il n’y pas de preuves palpables parce que quand on marche sur les filets, ça se retrouve parfois au niveau des hélices des navires.
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Dans certains cas, cela n’a pas été souvent facile d’arbitrer. Ce qui fait qu’on leur demande d’apporter leurs problèmes au niveau des juridictions compétentes parce que nous ne faisons que l’arbitrage. Dans ce genre de jeu, le parquet ne va pas passer son temps à réfléchir. On va leur dire de rentrer au niveau du service technique.
Quels moyens avez-vous donc mis en place pour régler ce genre de conflits?
Nos moyens de surveillance sont insuffisants et ne nous permettent pas de contrôler étant assis ici les mouvements des chahutiers sur le plan d’eau. La brigade de contrôle et surveillance des entités de pêche a quand même ces moyens mais qui sont toujours insuffisants. On parle des insuffisances de moyens de contrôle facile. Au niveau de la brigade, ils sont en train de tester les outils de surveillance participative. C'est-à dire, on vous [aux pêcheurs] remet des smartphones pour enregistrer tout ce que vous trouvez de mauvais dans le cadre de la pêche illicite.
L’ancienne loi de 1994 avait beaucoup d’insuffisances. Mais la loi 2024/019 du 23 décembre 2024 est venue combler un peu le vide. Il y a beaucoup de nouvelles choses qu’on a intégrées dans la nouvelle loi qui va nous permettre de combattre davantage. Par exemple au niveau des pénalités dont les montants étaient modiques. Dans la nouvelle loi 2024 vous allez voir que le pêcheur industriel qui utilise les filets dont les ouvertures sont petites, on le frappe d’une sanction. Pour cause d’infraction de ce genre, il paie entre 10 et 15 millions. Avant c’était entre un et trois millions.
La loi (nouvelle) a été promulguée. La mise en application est en cours. Toujours est-il que c’est déjà applicable. Mais l’action que nous menons va beaucoup plus dans le sens de les sensibiliser pour qu’ils se l’approprient. L’élaboration du plan de gestion de la pêche au Cameroun est aussi en cours. Il y a eu un atelier d’élaboration des directives. Le plan de gestion va intégrer des choses que la loi n’intègrent pas: la résilience face aux changements climatiques, comment faire pour que la gestion de stock soit durable…
Les pêcheurs artisans se plaignent justement des effets liés aux changements climatiques…
Ça n’épargne aucun pays. Les zones de reproduction sont souvent attaquées parce qu’il faut aussi prendre en considération les actions de l’homme. Il pose certains actes sans toutefois savoir que ça l’entraîne dans un gouffre où il ne pourra plus ressortir: la destruction des mangroves.
Les mangroves contribuent beaucoup à la réduction du CO2 dans l’atmosphère. Les mangroves sont les habitats des espèces aquatiques. Là où il y a les mangroves est considéré comme une zone de reproduction de ces espèces aquatiques. Quand on enlève ces arbres, ça provoque l’augmentation de la température au niveau de ces écosystèmes, l’inondation de certaines zones, le dessèchement de certaines zones. Cela a beaucoup d’impact sur ces écosystèmes.
Quand la température au niveau de l’eau devient très invariable, cela a des effets sur les stocks. Il y a certaines espèces qui n’aiment pas vivre là où la température est élevée. Là où la température est très basse. Les changements climatiques jouent au niveau de la température de la mer. Quand la température est élevée, les eaux glaciales se fondent et puis il y a inondation. Quand il y a inondation, le niveau d’eau monte. Ça pose des problèmes aux pêcheurs. Il y a de fortes pluies, les vagues sont également élevées, fortes. Ils ne peuvent pas aller en mer. Le changement climatique joue sur la fréquence, sur leurs activités.
Comment les accompagnez-vous?
Sur le plan d’eau maritime sous juridiction camerounaise, on n’instaure pas pour le moment le repos biologique. C’est en voie parce que les pêcheurs ont commencé à le réclamer. Pendant ce repos biologique qui peut s’étendre jusqu’à trois mois dans l’année, qu’est-ce que le pêcheur peut faire pour mener une activité qui lui permette de nourrir sa famille? On s’est donc dit qu’ils sont habitués à pêcher. Il faut donc qu’ils élèvent des poissons. C’est l’une des actions qu’on a souvent conseillée aux pêcheurs.
Le repos biologique, on ne l’instaure pas comme ça. Il faut les moyens, il faut un travail technique, scientifique, la ressource humaine… Quand on l’instaure, il faut le surveiller. Que les gens ne continuent pas à pêcher. Mais quelle période est indiquée? À quel moment les poissons sont encore au stade juvénile? À quel moment ces poissons-là se reproduisent? Est-ce qu’il faut faire ça pour toutes les espèces qui sont en mer? Ou bien est-ce qu’il faut interdire les activités de la pêche sur tous les plans d’eau?
On l’instaure déjà au niveau des fleuves, donc pour la pêche continentale. Dans les régions du Nord, Extrême-nord, dans l’Adamaoua, à l’Est, ça s’étend sur trois mois: juillet, août, septembre. Mais dans le Littoral, c’est la façade maritime. Le travail est un peu délicat. Pour faire les patrouilles sur le plan d’eau, il faut de vraies vedettes, pas les petites embarcations que les gens vont utiliser pour sillonner. Ça demande plus de moyens financiers, logistiques, humains. Mais les pêcheurs en réclament déjà. Ce manque de repos biologique peut être à l’origine d’une légère surpêche.
Y a-t-il un exemple de repos biologique des espèces aquatiques dans la région du Littoral?
À Mouanko dans la Sanaga-Maritime, le ramassage des mollusques bivalves, la palourde, sur un tronçon de trois kilomètres. Il y a pression sur le stock. Ce qui fait qu’actuellement, la plupart des coquilles des palourdes qui sont pêchées, ramassées, n’ont pas la taille marchande. On a instauré, il y a deux à trois ans, le repos biologique. Bien que ça ne marche pas comme nous le voudrions, l’idée est là. L’action a été entreprise et l’administration est consciente du danger lié à l’extinction de cette espèce. On va s’arranger de telle manière que ça donne pour pérenniser l’espèce.
Il y a des Aires marines qu’on a commencé à créer. Les Aires marines protégées. Cela veut dire que ça va aussi contribuer à la pérennisation de certaines espèces. La gestion durable des écosystèmes. Parce que si l’on laisse tout à la portée des pêcheurs, ils vont piller. À un moment donné, ce sera fini.
Certains pêcheurs artisans utilisent des insecticides, pesticides et autres produits chimiques pour pêcher…
Quelqu’un vient avec les pesticides. Il pulvérise un plan d’eau avec la gamaline. Toutes les espèces vivant à cet endroit-là meurent. Ce n’est pas répandu mais les pêcheurs artisans qui utilisent ces techniques de pêche prohibée font trop de tord aux stocks des ressources halieutiques.
Quand on tue, on ne sait même pas si on a tué les juvéniles, les poissons qui sont en cours de reproduction ou les œufs. Ils éliminent tout. Ils viennent ramasser. Non seulement cela a beaucoup de conséquences sur les écosystèmes marins mais cela a aussi des conséquences sur le consommateur parce que c’est un poison. En consommant, vous intoxiquez chimiquement votre organisme. Parfois ça provoque la diarrhée. Et ça ne se conserve même pas. C’est un produit chimique que le poisson inhale. Il absorbe et meurt asphyxié. Tout de suite, la décomposition commence.
Parfois vous mettez la main sur quelqu’un, vous l’emmenez au niveau des juridictions compétentes. Peu de temps après vous le retrouvez dehors. De temps en temps dans la zone de pêche de Douala sixième ils mettent main sur certains pêcheurs, comme on surveille les plans d’eau de manière régulière.

Parfois on fait appel à d’autres administrations qui font la surveillance du plan d’eau. Une alerte pour dire qu’il y a un pêcheur qui est en train de mettre des produits sur le plan d’eau pour tuer les poissons. Ils arrivent sur le site. Parfois ils trouvent. Ils font des arrangements. Le Minepia [ Ministère de l’élevage, des pêches et industries animales] local n’est même plus informé. Ça s'arrête là. Il faut seulement dire qu’il y a cette pratique. Mais c’est dans les zones où les services du Minepia ne font pas des contrôles réguliers.
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Les poissons pêchés par ces pratiques prohibés se retrouvent sur le marché. On est en mesure de les identifier. Il y a des symptômes. D’abord au niveau de la conservation qui ne met pas long. Et au niveau des prix. Quand ils viennent souvent, ils attendent la fin du marché pour vendre moins cher.
Au niveau des yeux, comme ils meurent asphyxiés, les yeux changent de couleur et souvent la bouche est grandement ouverte. Au niveau de la peau, ce n’est plus brillant. La chaire est molle. Quand vous mettez dans de l’huile, la chaire se transforme en pâte. Mais le Minepia fait de son mieux pour empêcher ce phénomène. Ça rentre toujours dans cette pratique de pêche prohibée.
Le fait que 60 à 70% de ces pêcheurs artisans de la région sont étrangers est-il un frein?
Ils nous aident bien sûr mais ils font aussi partir une bonne partie chez eux. Peu de camerounais, peu de personnes dans la région du Littoral s’intéressent aux activités de la pêche de manière générale. Ce qu’ils font généralement c’est d’équiper ces nigérians. Accompagner ces acteurs n’est pas facile. La plupart n’ont même pas de cartes de séjour, les Cartes nationales d’identité. Vous allez aider un étranger qui va partir après un certain temps, disparaître, rentrer chez lui. On ne peut pas appuyer les étrangers.
Donc pour développer ce type de pêche, il faudra que les camerounais intègrent le milieu. Pour accompagner les jeunes dans ce sens, beaucoup d’écoles de pêche ont été créées. Par exemple pour la pêche industrielle artisanale, le Linafi [Institut des arts nautiques et de la pêche] de Limbé forme les pêcheurs industriels, les capitaines de navire, les gens qui font la mécanique marchande. Les techniciens d’aquaculture. Tout ce qui rentre dans le développement de la pêche, de l’aquaculture.
On a créé autant d’instituts pour former les jeunes camerounais afin de prendre le relais tôt ou tard parce. Si vous prenez par exemple le cas d’un étranger à qui vous confiez la gestion de vos biens, il ne le fait pas comme si vos biens étaient entre les mains de votre progéniture. En ce moment, la gestion est sans pitié avec les étrangers. Raison pour laquelle ces expatriés chinois quand ils vont en mer, ils vont dans tous les sens. Le jour où les stocks vont s’épuiser, ils vont partir ailleurs. La gestion durable des stocks n’est pas leur préoccupation.
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À chaque fois, ces armateurs disent qu’ils n’ont pas de moyens pour s’équiper. Il faut qu’ils fonctionnent avec ces expatriés qui ont les matériels de pêche. Pour le moment on ne doit pas les brutaliser parce qu’ils contribuent à l’économie, à mettre à la disposition des camerounais ce dont nous avons besoin.
Josiane Kouagheu