En pleine ville, un passionné d’agriculture urbaine cultive des légumes
Dans un coin de sa cours à Yaoundé, capitale du Cameroun, Bertrand Houiller Akouemo Lekeagni cultive des laitues, persils, poireau, tomates dans des bouteilles plastiques.
Il est environ 9 h. Bertrand vient d’achever son rituel. «Tous les matins j’arrose les plantes, puis je vérifie si elles ne sont pas touchées par les insectes », explique-t-il. Âgé de 28 ans, le prestataire en agriculture dit s’être lancé dans l’agriculture urbaine, cette forme émergente de pratique agricole pour des raisons environnementales. « J'ai fait une formation en agriculture et mon but était de contribuer à l’assainissement de la nature par recyclage des bouteilles plastiques », explique-t-il. Son but est double : lutter pour la protection de l’environnement tout en utilisant l’espace disponible, aussi infime soit-il.
Alors, sur un espace réduit de 100 mètres carrés, sont disposés des bouteilles plastiques à l’intérieur desquelles poussent baselic, laitues, persils, poireau, tomates. Il faut compter environ deux mois pour la récolte. Pour y parvenir, le jeune récupère dans son environnement des bouteilles. «Tout le nécessaire vient de l environnement, que ce soit les bouteilles plastiques ou mes composts» , révèle -t-il. Pour avoir un meilleur résultat, il donne des formes circulaires et ovales à ses bouteilles. Par la suite, il dispose dans chaque bouteille, de la terre et du compost qu’il a lui-même confectionné.

«J’aime manger bio et frais»
Outre cette étape, vient la semence. « Pour mettre sous terre les différentes semences, je n’ai pas besoin de la saison de pluie. Mon arrosoir seul me suffit. Il faut de temps en temps enlever les mauvaise herbes qui peuvent nuir aux plantes », ajoute-t-il. Pour entretenir ses plantes, Bertrand utilise des pesticides naturels qu’il a encore une fois fabriqués, « pour fertiliser et lutter contre les insectes et maladies fongiques ».

Grâce à cette passion pour l’agriculture urbaine, Bertrand est connu dans son quartier et sollicité de partout. « Parfois, j’ai à ma charge des stagiaires qui viennent apprendre ma technique agricole. J’en déjà ai formé trois », se réjouit-il. Mais, cette activité secondaire n’est destiné qu’à sa Propre consommation. «J’aime manger bio et frais. Alors, je m’adonne à cette activité pour manger à ma faim », explique ce trentenaire originaire de Garoua, région du Nord du Cameroun. Depuis 2016, Bertrand a déjà cultivé des fruits tels les fraises et cerises. À l’avenir, il compte agrandir cette activité. « Je planifie installer une serre sur mon site afin de rendre plus productif et approvisionner le marché à proximité », déclare-t-il.
Amélie Dita