Du haut de ses 27 ans, Josha Fon a commencé au bas de l’échelle. Il a été durant de nombreuses années, un employé agricole dans les fermes de son village situé à quelques kilomètres de Douala, la citée économique du Cameroun. Il travaillait alors dans des champs d’ignames, de plantains, de bananes, d’hévéa… « J’ai économisé. J’ai eu 50 000 F. Cfa. J’ai acheté mes premières semences d’ignames », se souvient le jeune homme, assis sur une moto et le sourire aux lèvres.
« Je suis un agriculteur », ponctue-t-il à chaque phrase. Après avoir acquis les semences, Josha les a plantées dans un premier temps sur un demi-hectare de terre appartenant à sa famille. Pour trouver de l’argent pour l’entretien de sa plantation, il a travaillé comme mototaximan. Au fur et à mesure que les récoltes s’enchaînaient, il a tout réinvesti et agrandit sa ferme jusqu’à deux hectares de terre. « Mon capital tourne autour de 2 millions aujourd’hui », se réjouit-il.
Nourrir l’Afrique centrale
Grâce à la culture des ignames, Josha se définit aujourd’hui comme un homme d’affaires. « Mais, je suis avant tout un agriculteur », prévient-il, souriant. Il construit sa maison, possède une autre en location, un terrain, une moto et vend des pièces de rechanges. Le jeune homme a diversifié ses cultures : en dehors des ignames, il cultive aussi des patates douces, du cacao et de l’hévéa.
Marié et père de deux enfants, Josha Fon a aujourd’hui un rêve : nourrir l’Afrique centrale. Pour ce faire, il compte attaquer le marché gabonais. « Je veux acheter les ignames, patates et autres produits de mes frères et sœurs agriculteurs du Cameroun pour aller les vendre là-bas », dit celui qui manque pour l’instant des fonds nécessaires pour réaliser ce rêve. « L’agriculture est inépuisable et indispensable au Cameroun et en Afrique centrale. On doit nourrir tout ce peuple. Je le ferai », jure-t-il.