Telle mère, telle fille. Ce cliché décrit à suffire Aurélie Djomo. Etudiante à l’Université de Douala, capitale économique du Cameroun, Aurélie traine derrière elle, de longues années d’expérience dans le secteur agro-pastoral. D’abord au village pendant les vacances avec sa grand-mère dès son bas âge. Cette étudiante en Psychologie niveau s’est ensuite mise à l’école de sa génitrice. « J’ai beaucoup travaillé avec ma mère, mais avec l’expérience acquise, j’ai décidé de devenir autonome. J’ai donc loué un espace d’un hectare que j’exploite à titre personnel », confie la jeune agricultrice.
Commence alors une nouvelle ère dans la vie de cette passionnée dans la localité de Misollé 2, dans le département de la Sanaga Maritime, région du Littoral, il y a deux ans. Le premier challenge d’Aurélie est de mettre sur pied un hectare de manioc. « J’avais beaucoup d’expérience dans ce domaine parce que c’est la spécialité de ma mère. Je me suis lancée avec la ferme conviction de réussir et aujourd’hui je suis plutôt satisfaite de mon projet », se réjouit t-elle.
Partir d’un rien…
Pour un début, l’étudiante dont le rêve est de suivre une formation agro-pastorale, disposait d’un capital d’environ 100 000 F Cfa pour le bail et la main d’œuvre. Les boutures de manioc, qui constituent sa matière première, lui sont fournies par son mentor, qui n’est nul autre que sa mère. Au bout de cet investissement, Aurélie a récolté près d’un million trois cent F.Cfa la première année. Mais les fruits de son labeur furent moins abondants l’année d’après à cause des caprices de la nature, pas favorables à la croissance du manioc. «J’ai eu moins de récolte à la deuxième année, avec un revenu de 900 000 F Cfa à cause du changement de climat. Mais je ne me suis pas découragée. Je garde la foi pour une meilleure récolte à la prochaine campagne », espère Aurélie.
En plus du manioc, cette agricultrice de 27 ans a décidé de diversifier ses activités avec la création d’un demi-hectare de la culture du maïs. « Mon rêve est d’avoir un champs de maïs qui se distingue par une pratique professionnelle. Je n’ai pas suivie une formation spécifique, mais j’ai bénéficié des séminaires et des ateliers de formation qui permettent d’avoir un certain nombre de connaissance dans le domaine », souligne cette étudiante. Encore au début de sa carrière, elle a reçu un soutien matériel du ministère de l’Agriculture et du Développement rural en 2016. Toutefois Aurélie Djomo a besoin des partenaires financiers pour accroitre sa capacité de production, renforcer ses techniques agricoles et surtout des partenaires commerciaux pour écouler ses produits.
M.M.